Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Nathalie bouquine

La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello

La Grâce des brigands-Véronique Ovaldé

La Grâce des brigands-Véronique Ovaldé

Entre Véronique Ovaldé et moi, jusqu'à ce roman, ça ne fonctionnait pas. Malgré deux ou trois autres tentatives de lectures, je restais hermétique à la fantaisie de l'auteure.

J'ai vraiment pris ce roman sur un coup de tête, tout simplement sur cette couverture et ce type avachi sur son transat, se masquant une forme de réalité alors que le soleil brille, c'est loin d'être une "belle couverture" d'ailleurs, mais je la trouve assez parlante, comme un acte désespéré. En achetant ce roman, j'avais des chances de finir comme ce type dans mon canapé, en me disant "T'as pas aimé les précédents, c'était couru d'avance".

Et puis, quelques heures de train et me voilà accroc à cette lecture, comme envoutée et scotchée à l'histoire.

Maria Cristina Vatônen a fait le choix de s'installer à Los Angeles, et elle a bien fait car entre LaPérouse, où elle est originaire et la cité des Anges, c'était le seul choix possible pour concrétiser son rêve d'un ailleurs, "The American Dream des années 70". La Jehovah girl, surnom donné par ses camarades de la fac, deviendra l'écrivain.

Le lecteur la découvre, à l'apogée de sa réussite, suite à la publication de son roman "La vilaine Sœur", qu'elle a publié grâce à son mentor, "le brigand" de l'histoire Rafael Claramunt. Maria Crisitna est sur le point de revenir au point d'ancrage, pour faire connaissance avec son neveu Pipilt.

Et parce que Maria Crisitna doit repartir d'où elle vient Lapérouse, alors qu'elle est bien là où elle est à Los Angeles, Véronique Ovaldé déroule l'histoire familiale de cette jeune femme, qu'elle voile, imagine, déforme, amplifie, pour en gommer l'affligeante banalité : l'ennui guetterai facilement le lecteur, si elle ne transformait pas la réalité de la vie de Maria Cristina, et je me suis sentie comme au spectacle à lire à travers ses personnages, tous décalés les uns par rapport aux autres, leurs noms improbables, leur personnalité unique, extravagante, excessive pour certains, et la maison rose cul, un vrai décor de ciné, avec un soupçon de vérité de temps à autre, histoire de ne pas passer de l'autre côté du miroir...

Véronique Ovaldé parle d'amitié entre femme, de la relation parents-enfant (entente et mésentente), de la difficulté de s'affranchir de l'éducation reçue, des décisions à prendre au bon moment, du malentendu amoureux, l'attraction de la nature, et du pouvoir de la lecture, comme une ouverture sur le monde mais aussi un refuge dans les mauvais moments. En lisant, ce roman, je pensais au film d'Emir Kusturica Arizona Dream sans savoir pourquoi d'ailleurs.

Oui l'écriture de Véronique Ovaldé est pleine de fantaisie, cependant ce n'était pas suffisant pour transformer les essais précédents, il y a un "Je ne sais quoi" dans son écriture , qui donne à la parution de ses romans une saveur pimentée, différente et j'ai trouvé une belle énergie, dans celui-ci.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
Je vais bientôt le lire car je l'ai emprunté à la bibliothèque la semaine dernière! Je ne connais pas encore cette auteure, j'espère ne pas être déçue. Tu sembles dire que tu n'as pas aimé tout ce qu'elle a fait, j'ai hâte de découvrir par moi-même.
Répondre
N
Nul doute que derrière Maria Cristina, l'auteure est sous jacente ??? Elle ne l'écrit pas vraiment, mais pour moi ça ne change rien, c'est juste l'histoire d'une femme lambda, elle ne serait pas forcément de mes amis, je l'écoute me raconter son histoire d'écriavain et elle a réussi à me séduire et j'aime sa sincérité, d'où elle vient, ce qu'elle peut faire, qui elle est ... Ca m'importe peu, juste une histoire de femme actuelle, elle reste rare, je n'ai pas trouvé l'auteure pompeuse parce qu'elle ne fait pas de MC une femme universelle, la preuve je n'ai pas vraiment trouvé de point d'ancrage avec elle et toi non plus! Ce qui me rend sceptique pour la lecture de Vera candida. j'ai bien aimé ce titre, notamment l'enfance de MC.
S
J'ai lu le livre et je dois dire que contrairement à mes attentes je n'ai pas été séduite du tout. J'ai même détesté ce roman, chose rare. C'est simple tout ce que tu as aimé m'a irritée, point par point. Et si je lis encore ce prénom Maria Cristina je crois que je fais un malheur! J'ai surtout envie d'écrire à la romancière pour lui expliquer l'utilisation des pronoms. Cela n'a choqué personne? Sur à peu près chaque page du roman le nom du personnage revient à peu près toutes les deux lignes c'est insupportable. La protagoniste est un peu pompeuse aussi non? Je ne sais pas si j'ai envie de lire ses autres romans maintenant, pourtant j'ai Vera Candida dans ma pàl depuis des lustres...
M
Je n'ai pas du tout été séduite par Véra Candida mais si celui-ci a quelque chose de plus, pourquoi pas ?!!
Répondre
N
Ah, je n'étais pas la seule alors pour Vera Candida, ça me console!
M
J'attends de la recevoir ... hate de le lire !
Répondre
M
Tout juste ;-))
N
Opération PM, peut être ??? J'espère qu'il te plaira :)
D
j'ai fait un essai avec cette auteure mais sans réel succès
Répondre
N
Oui, moi aussi j'ai essayé d'autres romans sans succès.
T
un coup de coeur pour Vera Candida, mitigée sur le précédent, un rdv manqué avec celui-ci. On a tous une relation différente avec Ovaldé !
Répondre
N
Par curiosité, je vais faire une tentative sur ton blog pour retrouver ton avis de l'époque. Oui, c'est bien les auteurs surprenants.