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Nathalie bouquine

La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello

C-Tom Mc Carthy

C

 

C est un roman Curieux, inClassable, Complexe. C'est vraiment le mot Curiosité, qui me semble le mieux définir ce roman. La curiosité qui m'a poussé à le lire, surement éveillée par l'avis de mon libraire.

  

Car C est difficile à raconter, je ne sais pas si vous avez en tête certaines toiles surréalistes de Dali, je pense à ses femmes tiroirs, c'est un peu dans cet état d'esprit que l'ecriture se met en marche, des phrases à caractère énigmatique, autant de tiroirs qui s'ouvrent, les uns après les autres ...

 

Année 1900, dans la campagne anglaise, un manoir et ses jardins anglais, la route est sinueuse pour accéder à Versoie House la propriété des Carrefax, un vrai labyrinthe pour le Docteur Learmont, dépéché en urgence grâce au télégraphe de Mr Carrefax. Madame Carrefax est sur le point de donner naissance au petit Serge., sous de bons hospices, le petit né coiffé d'une Crépine, signe de chance.

C'est autour de cette naissance que le lecteur découvre la famille Carrefax, le père Siméon, un inventeur assez farfelu, la mère sourde et experte dans l'art de la soie, et Sophie la soeur ainée de Serge.

 

Versoie abrite un atelier de soierie, (le fil de soie, le fil d'ariane, qui guide Thésé dans le labyrinthe du minautaure???ou le fil conducteur de ce roman?) et une école de jeunes sourds, qui apprennent les rudiments du language car "La parole n'est pas innée, il en est ainsi pour l'enfant sourd, il faut la lui arracher, la lui extirper".

 

C'est au sein de cette famille que grandit le petit Serge, un univers assez nébuleux, ou le voile de la Crépine tamise ma lecture. Dans la lignée de leur père, le frère s'interessent aux sciences expérimentales, sa soeur Sophie à la science du vivant, Serge aux émetteurs radio, mais finalement les liens familiaux ne se tissent pas au sein de cette famille ou chacun semble vivre dans son petit cocon scientifique, seule Maureen, leur domestique semble assurer la cohésion familiale (que serait à cette époque une famille anglaise sans sa domestisticité?)

 

Autant le dire, dans cette première partie du roman, j'ai navigué sans repère, une lecture à quasiement réaliser d'un jet, c'est presque 150 pages. Le style de l'auteur est fluide, car Tom Mc Carthy ne laisse aucun répit à son lecteur, son esprit doit être retourné dans tous les sens, avec cette impression, "Tiens, ce détail m'échappe, quels sont les liens à faire ??? Il y a forcément des connexions"

 

Pourtant, l'intensité romanesque est là, l'intrigue parait décousue au vue des nombreux détails distillés par l'auteur, qui sont autant d'énigmes laissées à la portée du lecteur d'en faire ce que bon lui semble, puis à la fin de ce premier chapitre, la crépine se lève. (Ou pas c'est un peu le risque?)

Finalement, Mc Carthy s'emploie dans chacun de ces 4 chapitres, formant son roman, Crépine, Chute, Collision, Communication à évoquer l'impact du language, de la communication, le lien entre l'émetteur et le recepteur, parfois c'est très technique, rationnel, des principes de physique (notamment le traitement du signal pour les esprits scientifiques), intelligent, puis ensuite le lecteur bascule dans le flou, l'improbable, la communication au dela du réel avec l'au déla. Sans oublier une"british touch", difficile à définir ce que j'entends par là, bref c'est très anglais comme atmosphère !

 

 

Je suis rentrée dans l'histoire, lorsque notre cher Serge, diplomé de l'école d'aéronautique embarque comme observateur dans les forces anglaises d'aviation britannique, toute cette partie de l'intrigue relate de manière très factuelles les opérations d'observation aériennes des lignes de front.  A cette époque, la technologie en matière de repérage des forces militaires ennemi n'est pas très developpée, et Serge, en tant qu'opérateur radio oscille entre le monde des vivants et celui des morts.

Un passage assez déroutant de ce jeune homme, qui traverse la grande guerre en faisant usage de la Cocaine de manière inattendue. Par la suite, je vous rassure l'intrigue se poursuit, le brouillard se lève bien que le fil de l'intrigue se déroule dans le Londres des années 30, puis en Egypte ou notre apprenti aviateur devient archéologue.

 

 

Je ne sais pas si j'ai vraiment réussi à vous donner envie de lire C de Tom Mc Carthy, et ce n'est pas le but, C reste une expérience littéraire, une lecture différente et Constructive. J'ai envie de lire d'autres romans de l'auteur et d'élargir mes lectures à d'autres romanciers anglais contemporains, qui arrivent à ce mélange des genres assez atypique ou Sciences, Histoire, observations du genre humain se combinent habilement, pour nous instruire. De même, je salue la prouesse de la traduction car l'écriture autour de la lettre C, Cee en VO donne quand même du fil à retordre.

 

Les avis de Constance, La Ruelle Bleue et Yspaddaden ... Des Avis hétérogènes, montrant d'autres facettes de ce roman, à lire par curiosité! 

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S

Ton billet est bien écrit mais je ne suis pas tentée. Ca me paraît un peu fou. Je passe donc !
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N


Oui, c'est ça, et le début n'est pas évident, il faut s'installer dedans.



Z

Je l'avais repéré lors de la shortlist du Booker en 2010 mais je ne suis franchement pas sûre d'être faite pour ce roman. Peut-être à tenter en bibliothèque...
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N


C'est vrai qu'il est à part ce roman, je ne le trouve pas inacessible, parfois technique et scientifique mais on peut survoler, je me suis lu le début d'affilé, puis longue pause et j'ai repris
sans problèmes. Je me le conserve, je suis sure que je suis passé à coté de quelques énigmes.