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Nathalie bouquine

La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello

Extrêmement fort et incroyablement près-Jonathan Safran Foer

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Je me suis aventurée à remonter quelques livres, qui sommeillent dans ma pile à lire, et ils sont nombreux: L'enquête de Philippe Claudel (lecture décevante) , Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet d'Antoine Bello (à venir), Le Sel (à venir) et Extrêmement fort et Incroyablement près de Jonathan Safran Foer. Pourquoi ce roman a-t-il stagné si longtemps dans mes étagères?

Après le 11 Septembre 2001, de nombreux écrivains New Yorkais ont écrit sur  ce moment, source d'inspiration, besoin d'expulser cette émotion, la peur des attentats, plusieurs auteurs ont marqué de leur plume ce moment vécu. Grande lectrice de Jay Mc Inerney, son roman La belle vie m'avait totalement grisé, je m'étais comme sentie enveloppée par cette grisaille new yorkaise, par cette pluie de cendres. J'avais donc délaissé les autres romans sur cette thématique, peu désireuse de poursuivre sur le sujet, (je dois avoir également le roman de Beigbeder Windows on the world dans la Pal). 

 

Depuis 2005, le roman de J S Foer sommeille donc sur mes étagères, et quel réveil! D'ailleurs, je suis restée sur ma faim cet écrivain génial n'a écrit que quatre romans (quelle drame!). Ecrivain, élève de Carol Joyce Oates, études de philosophie, J S Foer, avec sa tête de premier de la classe n'a pas que de bonnes références, il écrit simplement, avec beaucoup de discernement et d'humanité.

 

 

Oskar Schell a 8 ans, c'est un garçon curieux plutot solitaire, passionné de sciences et d'astronomie. Ce 11 Septembre, son père est décédé lors des attentats et comme il l'exprime assez facilement au psychologue, il a souvent les baskets lourdes... Aussi, lorsqu'il retrouve un clé dans les affaires de son père avec le mot Black, il part à la recherche du propriétaire de cet clé, or d'après ses calculs cette clé peut ouvrir l'une des 161 999 999 serrures de New York. Tous les samedis, il va sillonner les 6 districts de la grosse pomme, se présentant aupres d'habitants se nommant Black. Le hasard va le conduire chez Mr Black, son voisin de l'étage supérieur, un vieil homme qui va l'accompagner dans ses recherches, car ce qu'il cherche c'est son paternel décédé.

 

 

J'ai largement envisagé en lisant ce roman que tout ces personnages pouvaient exister, et finalement le spectre du 11/9 ne domine pas. J S Froer tire de ce roman une universalité, il relie par la filiation de cette famille Shell d'origine allemande: les attentats de New York, aux bombardements de Dresde de 1945. J'ai vu rapidemment se dessiner le rapport entre les évènements du passé et ceux plus actuels, l'Homme peut détruire et engendrer des conséquences irréversibles, cependant tout comme les grands parents d'Oskar survivent au bombardement de Dresde, Oskar va lui aussi survivre et c'est l'histoire de son deuil.

 

 

 

Loin de n'utiliser que le pouvoir dramatique des évènements, l'écrivain a intégré dans ce roman unr forme de réalité : parfois dans la vie de tous les jours, les mots ne suffisent pas pour exprimer ce que l'on ressent, parfois il est vitale d'utiliser d'autres moyens que l'expression écrite et orale. C'est alors que les gestes, les silences, les images, les couleurs peuvent remplacer ce qu'il est difficile de traduire avec des mots. Les effets de style, J S Foer en usent et abusent dans ce roman (et pas seulement lors du deuil de cette famille). C'est bien plus éloquent parfois que de longues pages de narration  alors que le propre d'un livre est justement de raconter des histoires avec des mots, J S Foer se détourne du récit conventionnel, il casse le rythme, change la forme du récit avec des images fortes et nouvelles.

 

 

 

Certes, ca peut paraitre pour de la fantaisie tous ces effets de style, puis de fil en aiguille, l'évocation de l'Empire State Building m'a rappellé Elle et Lui, et cette photo de l'elephant qui pleurent ses morts, est si expressive, et d'autres petits détails, qui permettent de créer entre le lecteur et l'auteur une forme d'affinité. Le grand-père d'Oskar, fantôme rescapé, qui a perdu la parole n'est pas sans me rappeler ce proverbe, La parole est d'argent et Le silence est d'Or. Bref, j'ai laissé en sommeil un roman Extrêmement Marquant et Incroyablement bien écrit! Résultat, la cinéphile que je suis n'a pas encore pu voir l'adaptation ...

 

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Depuis, je lis en dilettante Faut-il manger des animaux ? du même auteur, et là encore au lieu de trouver une controverse sur le sujet, m'imaginant lire un plaidoyer pour me convertir au régime végétarien, je trouve un écrit humoristique plûtot intelligent et convaincant.

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M
<br /> Oh c'est drôle, on aurait pû faire une thématique commune avec mon billet d'aujourd'hui !!!<br /> <br /> <br /> Je ne connaissais pas du tout ce roman, je sais juste qu'il a été adapté au ciné. Merci donc pour toutes ces infos qui m'ont vraiment donnée envie de le découvrir.<br />
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N
<br /> <br /> Je suis en formation loin de chez moi en ce moment et mon accès à internet reste limité. Je n'ai pas encore lu ce que tu as écrit sur ce roman, je vais passer te lire.<br /> <br /> <br /> <br />
K
<br /> Un bon souvenir de lecture, et je me suis promis d'en lire d'autres...<br />
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N
<br /> <br /> Oui j'ai démarré Faut il manger des animaux, le titre fait un peu peur, et pourtant c'est rempli de bon sens! En fait il a écrit très peu pour l'instant ...<br /> <br /> <br /> <br />