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Nathalie bouquine

La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello

Impurs-David Vann

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Déja, j'avais très envie de lire ce roman de David Vann, l'envie de retrouver l'Auteur ...., un adjectif serait de trop pour qualifier le talent d'écrivain de David Vann, la majuscule suffit. Ca compte dans l'appréciation d'une lecture, quand l'envie est au rendez vous. Car tel est le despespoir de la blogueuse, que je suis de vous exprimer à quel point cette lecture m'a plu sans rien vous en dévoiler.

 

Que dire de ce roman? Si ce n'est qu'il à l'art de sublimer une histoire, dans ce drame en deux actes, il va à l'essentiel, il remonte à l'origine, à la racine pour montrer la noirceur de l'âme.

 

Voici, comment j'ai vécu cette lecture, dans le premier acte, David Vann a distribué les cartes, la famille Schumacher la grand-mère, ses deux filles  Suzie-Q et Helen, Galen et Jennifer, leurs enfants respectifs. 

Cette famille est marquée par l'absence de figure paternel, pourtant c'est une vraie famille, une demeure dans laquelle vivent sa mère et Galen, des noyers à entretenir, et l'heure du thé sacrée pour la mère de Galen à l'ombre du figuier, il fait si chaud sous le soleil de Californie. La vie est rythmée par la visite quotidienne à la grand-mère dans une maison de retraite, placée avec l'argent du fidéicommis, pour lui assurer un cadre de vie meilleur et sécurisé car elle a perdu la mémoire.

Dès le départ la partie ne s'annonce guère favorable pour le seul mâle de la famille, élévé au sein de cette famille de femmes.  Le jeune Galen, 22 ans est en attente d'intégrer l'université depuis 5 ans déja, faute de moyen financier. Le premier acte voit cette belle famille partir en week end dans la cabane de famille, Helen, la soeur la plus jeune compte solliciter sa mère pour financer les études de sa fille, Jennifer. Jennifer, beauté sexuelle, qui a exerce sur Galen charme et cruauté.

 

C'est là que David Vann a décidé de convoquer les éléments pour catalyser l'intrigue, notamment le feu, l'eau et la terre, (pour l'air je n'ai pas trouvé mais il fait si chaud dans ce roman ou tout simplement je ne l'ai pas perçu)

  ... Galen, personnage avec lequel le lecteur va se débattre, personnage incandescent Galen est consummé par un feu intérieur, qui le dévore, celui du désir qu'éprouve Galen pour sa jeune cousine et dont, l'Auteur se charge bien d'en détailler l'étendue dévastatriceet la frustration sous jacente.

 

David Vann détonne par la simplicité de son intrigue, il laisse monter la tension, mais chacun est libre de la faire redescendre en simplement refermant le livre, rassurez vous, vous le ferez surement si c'est insoutenable ou simplement par défaut  et y reviendrez surement. L'idéal serait de pouvoir le lire d'une traite.

 

David Vann a le sens de traduire l'indicible, il sait utiliser les images pour exprimer les sentiments tourmentés qui habitent son personnage. Il puise dans l'évocation de la nature, une partie de pêche, une course à l'aveugle en forêt. il décrit avec un telle clairvoyance les instincts primitifs, comme l'étrange sensation absolue d'assouvir sa soif, ses besoins; l'instinct de détruire et de survivre, intimement mélangés à la peur, la douleur ressenties et bien entendu celle de l'issue finale, inévitable, et à laquelle il donne un sens unique et une vision personnelle.

 

 Lors de ma lecture de Sukkwan Island, j'avais particulièrement à l'esprit le caractère sensationnel du roman, qui est certes renouvellé dans Impurs, et qui cependant n'occupe pas le coeur du roman. David Vann forge en Galen un personnage très indépendant, cherchant à s'affranchir et pas uniquement de la société, la famille y est présentée comme un patrimoine, un code génétique immuable, avec lequel il faut co exister et non s'adapter, et c'est le deuxième acte, le huis clos entre le fils et la mère.

 

Pour conclure, je dirais simplement que cette lecture m'a pas mal troublée, je ne suis pas venue au bout de ce personnage qu'est Galen, et encore moins de sa mère. L'écriture de David Vann est sublime, et elle élargit le champ des possibles comme seuls savent le faire les bons écrivains, et je l'en remercie.

 

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M

Oh oui !! Un Auteur avec un A majuscule !! Il faut maintenant que je le digère un peu avant de me lancer à mon tour dans le difficile exercice de parler d'Impurs !
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M

Je suis plongée dans ce roman depuis hier, autant dire que je n'ai qu'une envie, y retourner très vite. J'y retrouve tout ce que j'avais adoré dans Sukkwan Island, l'intensité, la profondeur, et
la subilité de cet incroyable auteur !!
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K

Des coups de pelle?
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R

Merci pour cette chronique.


Je l'ai lu en diagonale car je commence ce roman, aujourd'hui.


Je reviendrai te lire avec plaisir.


Bonne journée !
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