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Nathalie bouquine

La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello

L'homme qui voulait vivre sa vie-Douglas Kennedy

l'homme qui voulait vivre sa vie

 

 

Les vacances permettent de rattrapper les lectures de l'année en suspend, le roman d'une adaptation cinématographique par exemple que je m'étais promis de lire. Je n'ai pas trop de regle la dessus, pourtant des que j'ai vu l'adaptation de ce roman je n'ai pu resisté à l'envie de l'acheter.

 

L'adaptation réalisée par Eric Lartigau, portée par Romain Duris et Niels Arelstrup, (un duo d'acteurs fonctionnant à merveille depuis le film de Jacques Audiard, De battre mon coeur s'est arrêté) ,m'avait captivé, pourtant j'avais le sentiment qu'une part d'intériorité du personnage principal Benjamin Bradford me faisait défaut. 

 

Et bien je me trompais complètement,  Il n'en ai rien, de plus le roman et l'adaptation suivent des cheminements différents, ce qui les rend complètement indissociable et interdépendants, à travers cette histoire se pose la question de l'identité.

 

J'ai donc lu ce roman dans le cadre d'une lecture commune, inscriptions sur le site de George Sand et nous sommes nombreux! J'ai eu l'opportunité de lire ce roman lors d'un trajet en train d'une bonne dizaine d'heure, sans interruption autre que les changements imposés par le changement de train. C'est mon premier roman de Douglas Kennedy, écrivain au demeurant tres sympathique, que je ne connais qu'à travers ses prestations télé visuelles.

 

Benjamin Bradford est avocat, dans un cabinet de grande importance à Wall Street. Son avenir est tout tracé, il est associé depuis peu et bras droit de son supérieur hiérarchique. Il rédige les testaments et gère les successions, il dispose de sa propre clientèle. Pourtant, rien ne le predestinait à exercer ce métier, mais sous la pression paternelle, il a opté pour cette profession. Son rêve d'enfant était de devenir photographe. 

 

Benjamin Bradley aborde la trentaine avec l'auréole de la réussite. Tout est cadré dans sa vie, une femme Beth aimée et deux fils adorables, une belle maison en banlieue cossue de New York, quartier résidentiel, belle maison avec décoration de bon gout, un salaire à 6 chiffres annuel. Les Bradley, c'est la famille américaine modèle et pourtant tout n'est pas rose! 

 

Beth est très distante avec Benjamin, depuis la naissance de leur deuxième fils. Ecrivain, le succès n'est pas au rendez vous de ces dernières publications, elle repproche cette situation à Benjamin; aussi la guerre froide est déclarée entre les deux époux.

 

Benjamin, soucieux du confort de son épouse, reste en retrait, il se retranche derrière son hobby la photographie, il dispose de l'équipement le plus sophistiqué, appareil dernier cri et chambre de développement en sous sol aménagée, bref il possède l'attirail de professionnel et rien ne sort de cette passion, il ne fait que dépenser pour acquérir ce matériel couteux.

 

C'est alors que Benjamin découvre la liaison de Beth, avec Gary Summers, un photographe voisin des Bradley. Beth est décidé à se séparer de Benjamin et lors d'une confrontation entre les deux hommes, Benjamin tue Gary. 

 

Pour masquer son crime Benjamin prend l'identité de Gary et son métier par la même occasion. Pendant une semaine, il s'emploie à masquer son crime et prépare sa disparition, sa mort, et petit à petit il va usurper l'identité de Gary (fabrication de pièce d'identité, imitation de signatures, appropriation de sa situation financière et bancaire, ses vêtements, son matériel photo). Lorsqu'il devient pour de bon Gary Summers, il quitte New York et part s'installer dans le Montana.

 

L'histoire est portée par la vocation de Benjamin : l'idée qu'il passe à coté du métier de photographe en devenant avocat, et qu'il le devient par la force des choses en assassinant Gary. Pourtant, ma conscience était sans cesse interpellée par cet assassinat semi involontaire, qui restait impuni; et je n'arrivais pas trop à trouver cela juste, j'avais l'impression qu'il s'en tirait à bon compte quelque part! 

 

Quand il tourne le dos à son ancienne vie, alors démarre pour lui une vraie vie d'errance, il perd tout ce qu'il avait jusqu'à sa propre identité, ses repères et ses fils.

Il part construire une nouvelle vie ailleurs, ce qui lui est offert c'est une nouvelle chance!

 

Et pourtant, il ne le fait pas de gaiété de coeur, Benjamin Bradley boit beaucoup pour se donner du courage et surtout consomme des médicaments pour effacer les dommages causés par cette absoption d'alcool excessive. Sa névrose est quasi permanente, il porte sa vie comme un fardeau. 

 

La notion d'identité et ce que nous sommes et faisons de notre vie domine dans ce roman, l'auteur a exploité cette notion d'identité à travers le métier, et aussi dans le quotidien en cultivant l'anonymat et l'individualité de la société. Les passages ou l'auteur retrace comment fabriquer des papiers au nom d'un autre, l'utilisation des boites postales anonymes, font réflechir.

 

En gérant tout par internet  Benjamin arrive à maintenir Gary en vie, c'est bien parce que Gary est un solitaire, que Ben prend sa place et le devient à son tour, et pourtant Ben doit survivre et se surpasser et c'est là qu'il s'exprime dans la photo à partir de là il devient un autre avec le danger de s'exposer au yeux de tous. C'est bien parce que Benjamin n'est pas un dangereux criminel, mais un Monsieur Tout le monde que la mayonnaise prend, et qu'une part de moi peut s'identifier à ce personnage. 

 

Quand il démarre sa vie de photographe, ses clichés sont bons, puis c'est "le scoop" et là intervient le danger de la médiatisation, d'être connu reconnu, et de passer de l'ombre à la lumière, un danger extrême pour Benjamin qui ne peut se permettre d'être reconnu. Douglas Kennedy amène cette réflexion sur l'identité et la société d'aujourd'hui, pouvons nous être nous mêmes alors que nos faits et gestes sont observés, connus de tous et pourraient à tous moment se retourner contre nous? Nous ne pouvons jamais être vraiment nous mêmes, la retenue s'impose souvent. 

 

Même si l'idée de prendre l'identité de quelqu'un d'autre est dérangeante, elle est complètement bordée par la situation qui en découle par amener cette reflexion sur l'identite, le roman et le film diffère par leur fin sans jamais perdre de vue le sujet principal du roman, ce qui à mon avis fait du film une adaptation réussie et tres actuelle, collant complètement à ce qui se déroule tous les jours sur la situation des sans papiers ou émigrants, qui par la force des choses, quittent une vie pour une autre vie ailleurs.

 

Les avis de mes co lectrices : Estellecalim.

 

La bande annonce du film : 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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M


J'ignorais que ce film était une adaptation d'un roman de Douglas Kennedy !


Cela dit je ne suis pas étonnée, je trouve que cet auteur est un bon scénariste mais un écrivain de "plage" !! ...



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