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Nathalie bouquine

La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello

La gifle - Christos Tsiolkas

la gifle

Roman aux critiques élogieuses, roman australien, roman d'un genre différent, roman au titre évocateur. Pour moi ce n'est pas un grand coup de foudre, lu sans grande passion et pourtant lu jusqu'au point final!

 

Suis je passée à coté du message caché de ce roman? pourtant ce roman a eu bien l'effet escompté, j'ai eu bien envie de baffer certains des personnages de ce roman, je ne sais pas si l'auteur voulait provoquer cette envie là, je pense que oui et surtout il a réussi à me faire admettre que mourant d'en baffer quelques uns et unes bien il valait mieux que j'y réfléchisse un peu!!!!

 

La gifle, c'est l'histoire d'une famille australienne Hector et Aisha, lui issue d'une famille grecque émigrée et Aisha, une indienne, ils ont deux enfants Adam et Melissa. Ils invitent famille, amis, collègues de travail, et leurs enfants lors d'un barbecue. Pourtant, lors de ce moment de détente et de convivialité, Harry, le cousin d'Hector gifle le petit Hugo, le fils de Rosie et Gary, les meilleurs amis d'Aisha.

 

La situation se résume à un adulte gifle un enfant, qui n'est pas le sien. Mais voila la situation est plus complexe qu'elle ne parait et derrière les faits : faut-il frapper un enfant?, il y a les apparences, les représentations sociales de chacun amenant le conflit, puis la situation inévitable de trancher de qui a tort ou raison devant le juge, au sens juridique uniquement. Le roman est construit sous forme de portraits ou l'on va découvrir chaque personnalité, son parcours, son statut social, son comportement, ses qualités et ses défauts majoritairement. Parfois certains portraits sont longuets, portraits de femmes et d'hommes, assez anxiogènes car ils nous rappellent des gens qu'on peut cotoyer, donc réalistes; ces portraits laissent un sentiment de malaise complet, et pourtant ils vivent dans le mensonge complet!  

 

La gifle c'est celle que nous donne l'écrivain car il nous met face à la spirale du racisme, et là vu toutes les nationalités présentes dans ce roman, il y a matière. Racisme omniprésent, et couru sur les minorités visibles, invisibles, religieux, l'auteur n'a rien laissé de coté et là dessus il est suffisamment éloquent, lucide n'en fait pas trop car il ne se focalise pas sur les clichés style l'étranger dehors ou l'anti sémitisme gratuit, il est impossible d'y échapper et s'interroger. C'est la dessus qu'il faut lire ce roman, car l'origine de la gifle n'est ce pas tout simplement le racisme envers l'autre que nous ne pouvons réprimé, car nous ne l'acceptons pas tel qu'il est?

 

Autre gifle, c'est celle du mensonge permanent, tout le monde triche ou ment dans ce roman dans son quotidien les uns avec les autres, adultères, amitiés tronquées, machisme, violence conjugual, sens de la famille exacerbé, ambiance sexe, drogue et rock'n roll. Bref, toutes ces personnes ne peuvent trouver de solutions à leur mal de vivre que dans le conflit verbal et juridique, ou d'échapper à cette réalité anxiogène par l'absoption sempiternelle de drogue, d'alcool et d'anxiolytiques!

 

La gifle, c'est celle qu'on se prend à la lecture du roman. Parmi tous ces portraits, l'un d'entre eux m'a interpellé, celui qui m'a semblé un peu au dessus de l'assemblée le sage en la personne du grand-père Manolis, moi ce grand-père il m'a bien donne cette grosse claque, il nous ramène à des pensées plus terre à terre et  concrètes, nous ramenant à la la finalité de l'existence et à travers cette petite phrase : "Ca ne va pas du tout, tout ça, remarqua-t-il. Quand les vieux plaignent les jeunes, c'est que le monde tourne à l'envers"

 

Heureusement que ce roman porte à la réflexion, sinon cettes galerie de portraits serait un peu trop désagréable à lire, il amène beaucoup d'ambivalence, je l'ai autant aimé que détesté, et pourtant je l'ai lu jusqu'au bout, c'est un roman qui ne laisse pas indifférent! 

 

 

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M


J'aime assez les romans qui donnent à réflechir ...alors je tenterai bien !!



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K


Des billets qui se suivent, mais pas toujours les mêmes avis. Pas unanimes, quoi. j'attends de voir.



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R


Alors, je passe mon tour !!


Merci pour cette excellente chronique !



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