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Nathalie bouquine

La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello

Le bruit et la fureur - William Faulkner

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Je n'ai pas boudé mon plaisir à lire Will Faulkner pendant mes vacances, je vais d'ailleurs récédiver demain avec "Tandis que j'agonise" (ce titre me fait un peu reculer un peu, j'avoue mais le seul trouvé à la bibli, j'ai pas choisi).

 

Je reportais sans cesse la rencontre avec cet auteur, peut être trop à l'écoute des commentaires, j'avais mis Faulkner dans la case grande littérature, en imaginant que je n'allais pas tout suivre, passer à coté d'un chef d'oeuvre, je m'en faisais une montagne.

 

Certes, ce Monsieur fut détenteur en son temps du prix Nobel de littérature, et je n'ai pas l'habitude de lire des Prix Nobel, autant d'éloges que de réticences : Faulkner est difficile à lire. Et puis un jour, j'ai lu ces quelques mots d'une lectrice plus curieuse que moi, qui disait "Avec Faulkner, il faut accepter de ne pas tout comprendre", tout témoignait du lacher prise dans son commentaire, et je l'en remercie (Vive les blogueuses)!

 

Faulkner est rare, et surtout son écriture n'est pas lisse, rien que pour cela je ne pouvais que l'aimer. J'ai aimé lire à travers les lignes, Faulkner abuse de la suggestion, il exprime tant d'émotions sans les mots, il sait écrire sur ce qui ne peut être dit, car trop difficile à exprimer.

 

C'est l'histoire d'une famille du Sud des Etats Unis, une famille du  Mississipi, 3 frères Jason, Quentin, Maury/Benjamin, et leur soeur la belle Candace/Caddy. C'est une histoire presque construite comme une pièce de théatre, quatre moments de leur vie situés l'année 1910 et 1928, tour à tour nous suivons les pensées des trois frères et surtout des relations torturées entre eux, Caddy est au centre de l'histoire.

 

Cette famille subit les changements profonds de la guerre de secession, elle vole en éclats suite à l'écroulement de la société et de ce système de valeur basée sur la possession de terre et d'esclaves, en quelque sorte la perte de l'esprit du Sud. Chacun des personnages perd son identité profonde, d'ou ce sentiment de folie chez les personnages, amenant une tension pour le lecteur.

 

C'est magnifiquement écrit, dans une confusion totale, Benjamin le cadet est attardé mental, il ouvre le récit, ce qui ajoute une dimension autre au récit lorsque le lecteur pénètre ses pensées, les cent premières pages destabilisantes, m'ont tenues, je n'avais jamais rien lu de tel.

 

Ce qui est difficile dans la progression de cette lecture, c'est que l'auteur passe d'un personnage à l'autre, d'une époque à l'autre tout se mélange et parfois la lumière n'arrive que quelques pages plus loin, parfois je ne suis pas arrivée à suivre le cheminement intérieur de chaque personnage, ma sensibilité étant fortement éloignée de certains c'était agaçant, et pourtant au bout du compte tout se tient.

 

Cette famille sudiste cohabite avec une famille noire, qui pour moi représente "Le bruit", ils sont bruyants : Dilsey la cuisinière, Markus et leurs enfants enfants TP, Frony, Versh, Luster ils sont les spectateurs impuissants de la descente aux enfers de cette famille, à laquelle ils appartiennent. Les liens etroits sont existants et pas uniquement basés sur la ségrégation, certains passages montrent comment ils prennent le dessus sur cette famille en pleine crise existentielle, de manière subtile.

 

Peut être que Le bruit et la fureur n'est pas le roman à lire de Faulkner pour l'apprécier je ne sais pas; pourtant en 300 pages, il dépeint le Sud des Etats Unis tel quel en pleine mutation, c'est de l'émotion brute, criarde, c'est dramatique, et c'est écrit pour toujours marqué au fer rouge, bien mieux que dans un livre d'Histoire. 

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S


J'avais également découvert Faulkner avec Le bruit et la fureur, titre inspiré d'une merveilleuse citation de Shakespeare dans MacBeth ("C'est un récit conté par un idiot, plein de bruit et de
fureur, qui ne signifie rien.") et simplement bouleversant. "Rare" est bien le mot juste pour Faulkner, et cette critique est juste en tout point  : c'est l'inexprimable même ! Bonne lecture
de Tandis que j'agonise, aussi percutant ! :)



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N


Je suis contente de trouver d'autres amateurs de Faulkner, et de faire connaissance avec ton blog Sia.



V


il est dans ma PAL! depuis le temps que je veux le lire...



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N


Violette je reponds un peu tard à ton commentaire, j'espere que tu trouveras le temps de faire connaissance avec Failkner!



M


J'ai lu ce roman il y a plusieurs années maintenant (et curieusement j'avais aussi enchaîné avec "Tandis que j'agonise" !). Et oui c'est vrai Faulkner n'est pas un auteur très facile et pourtant
il vaut l'effort .


C'est exactement comme tu le dis, une démarche de lâcher prise et de confiance, il faut se laisser emmener par l'auteur, et tant pis si on ne comprend pas tout, car ce qui importe est le ressenti
et l'émotion que le roman va provoquer ...et c'est très fort !



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N


Et oui, tu as bien de la chance de l'avoir découvert bien plus tot que moi, je pense que je vais continuer à le lire jusque fin 2011, ils ont plusieurs de ses romans à la biblio.



K


Merci! Ne t'inquiète pas, je suis convaincue de lire Faulkner depuis un bout de temps, reste à choisir le titre. Comme je suis un brin folle, je veux le faire en VO, est-ce bien raisonnable?




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N


Why not? Apres tout tu seras tout à fait dans le ton, Faulkner n'est pas l'écrivain de la raison, pour le choix du titre tout le monde m'avait conseillé de ne pas commencer par ce titre, et je
n'ai pas suivi ce conseil! Quelque soit ton choix je serais ravie de lire ton avis!



R


Merci pour cette chronique qui me rappelle ce grand écrivain qui a marqué une époque.



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N


Ca fait du bien de lire ces auteurs d'une autre époque.