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Nathalie bouquine

La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello

Marilyn, dernières séances - Michel Schneider

Maryline dernieres séances

  Mythique Marilyn ?

 

J'aime surtout la légéreté de l'actrice, sa féminité exacerbée, sensuelle, sa beauté fragile, son émotivité à fleur de peau ... dommage de ne retenir que sa facette superficielle, ses déboirs amoureux, son magnétisme sexuelle sur la gente masculine, sa liste de maris et d'amants incapables d'assumer cette femme charismatique, sa dépendance aux medicaments, alcool, drogues, son desespoir chronique d'en finir avec sa vie.

  

Le psychiatre Michel Schneider relate les séances d'analyse de l'actrice  avec son psychanalyste Ralph Greensom, son dernier analyste, qui ne sut la préserver du drame et d'elle même.

 

C'est un roman sur la psychanalyse, et de la relation complexe entre Marilyn et son psychiatre. Entre une patiente et son thérapeute.

  

Lorsqu'ils se rencontrent, Marilyn était déja en analyse avec Marianne Kris à New York, pour chacun de ses films elle avait besoin de séances avec un psychanalyste pour continuer à tourner. Elle fut suivie en Angleterre par Anna Freud, la fille de Freud.

Lorsqu'elle rencontre Greensom à Los Angeles en 1961   c'est son 4eme analyste, elle va tourner Les désaxés, son avant dernier film avec Clark Gable. Le roman relate les douze derniers mois de son existence. 

 

Les 100 premieres pages permettent de rentrer dans l'ambiance d'Hollywood, la capitale américaine du film (euh non!) de la psychanalyse : 

 

Capote (Truman) n'aimait pas la psychanalyse et destestait tout Hollywood. Quant à la psychanalyse à Hollywood, c'était pire qu'une mode "Une maladie". En Californie tout le monde est en psychanalyse, ou psychanalyste ou est un psychanalyste en analyse.

 

Certains passages pourraient être comparés à des potins parus dans la presse people, notamment quand la liste des acteurs consultant un psychanalyste est dévoilée.

Cependant, Marilyn ne fut pas la seule actrice à se suicider, Vivien Leigh, la Scarlett d'Autant en emporte le Vent, connut le même destin que Marilyn; Jean Harlow et d'autres actrices américaines furent broyées par ce système hollywoodien.

A sa manière l'auteur leur rend hommage - J'ai apprécié les connaissances cinématographiqus, à travers les films (il y aurait une bonne vingtaine de films à regarder en parallèle de cette lecture), les acteurs et les metteurs en scène également. (Billy Wilder, Mankiewicz, Cukor, Hudson).

 

Plus difficile fut pour moi la découverte de la psychanalyse à travers la relation de Marilyn et son médecin (moi aussi j'aurais fait une overdose à sa place de le voir ce psychanalyste!!!), personnage que je n'ai pas du tout apprécié, trop manipulateur, trop intéressé, et ne sachant pas dire non à sa patiente assez faiblard face à l'icône Marilyn, et remplissant peu son rôle de soignant.

 

Une relation plus qu'ambigüe, qui repose sur la dépendance affective entre le thérapeute et sa patiente. Persuadé que son enfance désastreuse n'a pas permis à Marilyn sa stabilité affective, Greensom lui offre de faire partie intégrante de sa propre famille, composée de sa femme et son fils et sa fille. Marilyn deviendra proche d'eux au point de confondre cette amitié et sa relation thérapeutique. Elle le rencontrait à certaine période jusqu'à cinq fois par jour pour des séances., et passait souvent soirées et week end en leur compagnie.

 

Lettre de Greesom à Anna freud au sujet de Marilyn : Avec elle j'improvise. Elle est vraiment tres tres malade. Je ne vois aucune solution, capable d'apporter à Marilyn l'apaisement qu'elle recherche.

 

Je suis effrayé du vide de sa vie en terme de relations d'objet. Fondamentalement, elle est narcissique; tant bien que mal nous progresssons, mais je ne parierai rien sur la profondeur du trouble, ni sa durée. Sur le plan clinique, j'ai isolé deux problèmes : sa crainte obsessionnelle de l'homoséxualité et son incapacité à endurer les blessures morales.

 

Greensom également profitera de son statut auprès de l'actrice pour imposer à la FOX sa présence sur les plateaux de tournage, le choix du réalisateur et mettra Marilyn en difficulté sur son dernier tournage "Quelque chose doit craquer" de Cukor, titre au combien prémonitoire que l'actrice ne put achever. Elle décéda le 4 Aout 1962, le légiste confirma le suicide probable au nembutal.

 

Le mystère plane toujours sur cette mort, de part les circonstances et de la relation de l'actrice avec les frères Kennedy.  L'auteur conclut finement :

 

Les deux pouvoirs, le politique et le psychanalitique, qui ont pesé sur les derniers mois de Marylin, ont voulu effacer tout ce qui dans leurs archives la concernait.

 

Un echec qui fut fatal à l'actrice et au psychanalyste, qui ne se remit jamais de sa négligeance et continua à exercer sans réelle motivation.

 

L'auteur a travaillé sur le témoignage de Midner, un officier de policier que Greensom a sollicité pour écouter les dernières bandes sons enregsitrées par Marilyn - Maintenu au secret jusqu'à la mort du psychiatre, il est sorti de son silence pour confier qu'à l'écoute de ses bandes sons, il ne croyait pas au suicide de l'actrice et encore moins à la complicité de meurtre de Greensom, qui fut soupçonné lors du décès de Marilyn.

 

A ce jour, toute documentation sur Marilyn et notamment ces bandes son ne sont pas accessibles ou ont disparu.

 

Le sujet est original certes, parfois la narration est assez redondante, ce n'est pas la vie de Marilyn que vous trouverez dans ce roman, juste l'importance de la psychanalyse pour cette femme, convaincue par la théorie de Freud. Elle trouvait dans cette thérapie un moyen de faire taire la souffrance et le manque dans sa vie. Ou cette illusion d'exister ailleurs qu'au cinéma.

 

Mythique Marilyn? Non Malheureuse Marilyn ...       challengeabccritiques1Challenge ABC lettre S

 

maryline

 

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Challenge Marilyn Monroe chez Georges

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DF 15/08/2011 19:18



J'en parle justement ici... http://fattorius.over-blog.com/article-marilyn-monroe-mise-a-nu-81619152.html

Le personnage de Greenson est ici peu évident, c'est vrai - odieux ou secourable? J'ai plutôt eu l'impression que l'un et l'autre (Marilyn Monroe et Ralph Greenson, donc) plongeaient ensemble -
lui, passionné, elle, patiente - unis, à en croire l'étymologie latine, dans un mal-être différent, mais qu'ils subissent tous deux.



nathalia 18/08/2011 21:12



Merci pour votre visite, c'est vrai que la relation entre Greenson et Marylin reste ambigue, parfois pesante et dérangeante, ravie de votre visite.



George 14/08/2011 09:02



je vais remédier à cela ! j'ai un projet de billet à ce propos ! ;) ... suspens !



nathalia 15/08/2011 15:08



Oui je viens de lire c'est génial!



George 07/08/2011 10:20



j'avais beaucoup aimé ce roman qui n'en est pas vraiment un d'ailleurs, il faudrait que je le relise, je n'avais pas ouvert de blog de lecture à l'époque et je regrette qu'il ne figure pas dans
la bibliographie de mon blog !



nathalia 14/08/2011 08:56



C'est vrai que les blogueurs font rarement des billets sur des livres qu'ils ont lu avant l'ouverture de leur blog, ça me gêne pas mal surtout quand j'affiche mes auteurs fétiches  sans
avoir jamais écrit un seul billet sur un de leur romans!



Malika 16/11/2010 09:29



Ce livre a l'air très interessant, en tout cas tu le rends interessant !!!


Je te recommande "Blonde" de Carole Oates Joyce, qui nous raconte une Marilyne bouleversante.



nathalia 17/11/2010 21:21



Oui ce livre est à part car Michel Schneider étant psychanalyste, il a su donner une véritable teneur au roman, à certains moments c'est très attachant à d'autre énervant. Je suis tres contente
d'avoir démarrer par ce roman,


 j'ai Blonde en attente il fait pas loin de 1000 pages (le pavé), j'ai lu les premiers chapitres et Carol Joyce Oates a un style tres fluide. Marylin Monroe
Blonde est l'épithaphe choisi par MM


En tout cas, votre petit cercle entre amis est super sympa j'y suis passé et j'aime les choix de lectures et les commentaires, si vous acceptez des invités pensez à moi @ bientot Malika et ravie
de ta visite



Bénédicte 20/10/2010 16:59



je trouve intéressante la lecture de cet article sur un aspect de sa vie qui mérite d'être raconté Il semble que la psychanalyse n'ait jamais rien soigné chez Marylin comme chez tant d'autres



nathalia 21/10/2010 19:44



Oui ton commentaire est juste Bénédicte, Schneider étant psychanalyste le roman est abordé d'un point de vue medical, et ça permet une approche intéressante de la psychanalyse vu que Marylin
était suivie par des psychiatres analysés par Freud, lui meme. D'ailleurs, Ana Freud à la mort de Marylin fut beneficiaire d'un don de l'actrice pour un hopital, ou elle soignanit de jeunes
enfants- Ce qui montre à quel point l'actrice était attachée et reconnaissante pour ces thérapeutes, meme si ils ne faisaient que l'epauler...@bientot