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Nathalie bouquine

La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello

Moi, Jean Gabin-Goliardia Sapienza

couv jean gabin

 

Moi, Jean Gabin un titre qui pousse à la curiosité, la couverture portrait vintage d'une enfant , pas de résumé sur la quatrième de couverture, Juste cette phrase de l'auteure"Il ne faut pas laisser la vie détruire le rêve".

J'ai la chance de fréquenter une bonne librairie, qui a su mettre la lumière sur ce roman. Il trainait à la bibliothèque, donc j'ai pu satisfaire ma curiosité, et ce fut un bonheur de lecture. Parfois, les livres ne decoivent pas. 

La petite fille sur la photo c'est l'auteure Goliardia Sapienza, et elle se raconte dans ce petit roman.

 

Jeune adolescente, elle grandit à Catane en Sicile dans les années 30 sous le règime fasciste de Mussolini. La famille italienne, c'est quelque chose et chez les Sapienza, Goliardia tient sa place.

Tout le secret de ce petit livre tient dans le cheminement de cette jeune fille, l'affection qu'elle porte à ses parents, ses nombreux frères et soeurs et la liberté qui se dégage de cette cellule familiale donne du baume au coeur. Goliardia raconte ses échappées : elle fait l'école buissonière pour intégrer"l'école de la vie".

 

Car comment trouver l'argent pour aller au cinéma? Travailler? Car comme lui serine sa mère, "pas d'assistés dans la famille il faut gagner son pain". (Je crois bien que ce n'est pas les paroles exactes de la mère de Goliardia, mais en tout cas j'en ai respecté le sens.) 

Et là pas d'hésitation, la passion qu'elle a pour Jean Gabin, lui fait préférer le travail aux études. Elle a vu et  revu Il bandito della Casbah, Pepe Le Moko en VF , et là Le Quai des brûmes est projetté, elle ne veut pas louper la première séance. Ici s'ouvre le petit livre de l'enfance de Goliardia.

Certes Jean Gabin, ne faisait pas partie de mes références cinématographiques, d'ou mon hésitation sur le titre du roman je l'ai connu sur sa fin de carrière dans le tatoué. D'ailleurs, il ne faut pas être Gabin "addict" pour lire ce roman, juste un peu cinéphile et passionné de la vie. 

 

La passion de la jeune Goliardia pour cet acteur, au départ elle m'est un peu étrangère, ce n'est pas non plus la pulsion d'adolescente, de jeune fille en délire qui se pâme devant des idoles. Non Goliardia, elle "aime revoir les films, les étudier ", c'est sa porte d'entrée sur le monde. Gabin devient une référence, une valeur pour elle, elle l'imite jusque dans sa démarche. Elle se révèle toute entière, se laissant emporter dans les films de Gabin pour apprendre ce qu'est la vie.

"Et moi qui, même si je suis né fille.... je fais faire une embardée  à ma voiture émotionnelle et je décide de chercher une manière plus conforme à moi et à Gabin-jamais il ne s'abaisserait , lui, Gabin à de petites chamailleries avec une femmelette- de trouver l'argent dont j'ai besoin.

 

Le roman par la suite s'étoffe sur la famille, le père avocat défendant la veuf et l'orphelin, dans une Italie où il était dangereux de militer contre l'état fasciste. La volonté de cet homme de défendre la liberté contre un état mafieux.

 

Une belle séance de cinéma rappelle le film Cinéma Paradiso, ou tout le monde y va de ses commentaires!  Le récit de cette enfance lumineuse reste prenante, je me suis imprégnée de ces petites rues de Catane et de ses habitants, de L'Antre de la Marionnette, je me suis enivrée des parfums de jasmin, je me suis rappellé l'époque ou moi aussi, j'étais contente enfant d'avoir en poche quelques francs, en me demandant comment les utiliser?

Comme Goliardia, qui vit pour et à travers le cinéma, nul doute que je courais à la librairie la plus proche!

 

Comme l'écrit si justement Goliardia Sapienza "J'ai éprouvé ce vide terrible de ne pouvoir communiquer un enthousiasme", cette phrase résume assez bien tout ce que ce texte court a suscité chez moi. Une biographie en fin de roman permet également de situer le parcours de Goliardia Sapienza, une touche permettant de donner encore plus de saveur et de sens à l'enfance de Goliardia.

 

 

Au final, ce texte rejoint les romans concis de cette rentrée littéraire, dont il ne faut surtout pas se priver de  lire, de remercier son libraire pour la découverte, et de l'acheter non pas pour faire bien dans la bibliothèque mais pour le relire à volonté.

Et moi qui suis peu sensible aux couvertures de livres, y voyant trop souvent la touche marketing, celle ci prend vraiment tout son sens et rend la quatrième de couverture inutile, ouvrez le livre pour la rencontre avec cette petite fille! Tout comme Miss Charity, je n'ai pas rangé ce livre dans les rayonnages de la bilbiothèque, mais bien laissé exposé, il serait dommage de ne pas admirer ce portrait si expressif 

 

PS : Je ne sais pas quel âge à précisemment Goliardia dans le roman, je suppose 14-15 ans car Quai des Brumes est sorti en 1938, et Goliardia est née en 1924. A confirmer ???  

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M

ça à l'air d'être une lecture enrichissante.
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