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Nathalie bouquine

La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello

Naissance d'un pont-Maylis de Kerangal

Naissance d'un pontRoman trop médiatisé pour cette rentrée littéraire (il est séléctionné pour plusieurs prix littéraires), ce qui peut induire parfois le doute dans mon esprit de lectrice. Mon libraire ayant lui aussi un avis mitigé et peu de bloggueurs en parle. De quoi reculer ?

 

Et une simple rencontre avec l'auteur Maylis de Kerangal en Septembre dernier lors du Livre sur la place à Nancy m'a convaincu de le lire. Mon enthousisame de lectrice ne sera pas naif, lisez  ce roman et donnez votre avis. 

 

Le style de Maylis est indéniable, il est tranché, vif, incisif, parfois si brut, livré en l'état cela rend la lecture  difficile pas facile à suivre, il faut revenir sur ses pas sans contraintes (pas grave le temps passe si vite) ... et surtout il y a bien longtemps que je n'avais pas été confrontée à l'épreuve du dictionnaire, et oui obligée de chercher quelques définitions.

 

Ce roman décrit la construction ou génèse d'un pont, et le personnage principal est le pont, sujet captivant ??? car il y a une vie avant et après le pont. Le chantier va s'implanter sur les 2 rives du fleuve. Vous apprendrez bien des choses, sur les excavatrices, la fabrication et le coulage du béton, sur l'édification des tours, sur les hommes grenouilles qui préparent les fondations au fond du fleuve, la géologie. Car c'est un metier de construire nécessitant la mise en oeuvre de diverses technicités. Et ca peut être beau ...

  

Pont

 

Coca, de nos jours, une ville sur la côte ouest des Etats-Unis, John Johnson dit  Le Boa, maire veut unifier sa ville implantée le long d'un fleuve, il veut unifier symboliquement Coca, son centre résidentiel et Edgefront (quartier plus populaire où résident les classes sociales moins favorisés).

  

C'est la société Heracles, société implantée en France qui gagne ce marché. Elle choisit Georges Diderot pour diriger la construction de ce pont, un vrai bridgeman (ingenieur des ponts) c'est son dernier chantier. C'est un homme de terrain, loin des grandes écoles il ne sort pas de l'école des mines ou d'X et ses méthodes de travail sont basées sur son expérience.

 

La construction de ce pont va réunir à Coca, des travailleurs ; un vrai marché de l'emploi international.

 

Les habitants du cru vont bénéficier en priorité de cet afflux d'emploi dont Katherine Thoreau, mère de 3 enfants dont le mari est handicapé et qui doit travailler sur ce chantier pour subvenir à sa petite famille. Et d'autres manoeuvres venus des autres états américains, et  continents comme Mo yun (chinois) complètetont les besoins de main d'oeuvre.

 

D'autres interviennent de manière plus qualifiée, comme Summer Diamantis, ingenieur de la fabrication du béton, surnommée Miss Béton deuxieme touche féminine de ce roman  elle produira les tonnes de béton nécessaire à l'approvisionnement du chantier. Sanche Carmeron, lui est le conducteur de grues superviseur lors de la construction des tours.

 

Et enfin les vrais défenseurs de la nature comme Jacob, qui agissent vraiment contrairement aux lobbying écologique.

 

Je n'ai jamais été lassée des explications techniques apportées à profusion dans ce roman, précisions techniques et professionnelles sur la gestion d'un chantier. C'est rare d'aborder ce secteur professionnel du batiment, le sujet n'est pas attractif et toute l'intrigue repose sur la progression de la construction. Les personnages restant secondaires 

 

La dimension sociale est forte aussi la précarité du chantier liée à la précarité de l'existence des personnages. Car même si le pont va amener le changement, sa durée de construction ne sera qu'éphémère.

 

Là aussi les conditions de travail sont au coeur du débat, la sécurité sur le chantier en cas de non respect des règles de sécurité c'est le licenciement, cadences s'accélérant pour tenir les délais, les conditions météorologiques, les salariés devront se battent pour obtenir des primes (pas de syndicats).

 

Rien n'est laissé de coté dans l'intrigue : des réfractaires vont tenter de s'interposer à l'édification du pont. Le chantier sera arrete 3 semaines à cause de la nidification des oiseaux, et tentative de sabotage. 

 

C'est un roman actuel et minéral, dont la toile de fond est rude, et pourtant  ce roman, à l'écriture directe abordent la précarité du tràvail (là ou il est difficile de refuser l'emploi) et l'urbanisation à outrance - Qui causent des ravages dans l'existence des personnages et des indiens autochtones habitant la forêt de Coca, tous sacrifient un pan de leur vie personnelle pour l'édification de ce pont. 

   

Maylis de Kerangal aborde habilement ce monde des chantiers de construction, assez hermétique pour ceux qui n'y travaillent pas. Elle combine toute une reflexion sur le capitalisme et ses dommages co latéraux sur les hommes et la nature, l'environnement. Toute en finesse dans sa manière d'aborder la contestation. Ca change un peu!  

 

  

 

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myce 20/11/2010 16:18



 


  J'ai beaucoup aimé "des
hommes et des dieu aussi " pourtant je suis pas branché "cato", je le recommande pour ceux qui cherche un film à voir ce weekend. ! ! ! 



La Ruelle bleue 10/11/2010 18:51



va falloir que je m'y mette... mais je crois que c'est trop ancré dans la réalité pour moi, et du coup, ça ne me tente guère malgré les avis positifs assez unanimes... bon, je vais attendre la
sortie du poche ;)



nathalia 10/11/2010 22:11



oui ton analyse des commentaires est exact, c'est tres concret, moi j'ai du mettre une certaine distance dans ma lecture.  J'ai reussi à adhérer car j'apprenais pas mal
sur les metiers du batiment, et TP (intéret professionnel surtout), et l'auteur a le mérite d'avoir traiter le thème à fond.


Je l'ai emprunté à la biblio et je l'ai lu rapidemment et sans me contraindre à le finir. Ta nouvelle présentation est très agréable, je ne laisse pas toujours de commentaires je ne suis pas une
accro du reader ni de la newsletter, je viens te lire régulièrement @bientot La ruelle


 



herisson08 09/11/2010 19:45



Bonjour, -aucun rapport avec ton article :/- Je voudrais juste être sûre que tout le monde a bien reçu le questionnaire pour le Swap Nouvel An! Et comme une erreur dans l'adresse mail est
toujours possible, Merci de confirmer par mail la réception du questionnaire (envoyé entre le 5 et 8 novembre) (herisson08 et c'est chez gmail.com)
/// Pour rappel les questionnaires sont à rendre le 14 novembre au plus tard (oui oui vous avez encore le temps, mais vous allez voir que j'aime les confirmations, ça permet d'être sûre de ne
perdre personne en route! :)


Ce commentaire peut bien entendu être effacé, je ne serais pas du tout vexée ;)



Syl. 08/11/2010 19:20



(Confession...C'est un livre que j'ai acheté à mon mari pour Noël). Donc j'attendrai que... pour le lire. Très bonnes critiques à Europe1.



nathalia 10/11/2010 21:37



Je vois que tu es dans les preparatifs de Noel et moi aussi je cogite sur les livres que je vais offrir. C'est un roman avec une vraie ambiance, et c'est aussi un bon challenge que de partager un
roman avec son mari.


Pour la chaine je ne suis pas familiere, je trouve l'idée tres bonne j'ai donc listé moi aussi mes 15 auteurs et je vais les publier ce week end



constance93 08/11/2010 17:44



je pense plus ou moins comme toi sauf que j'ai trouvé que le tout était au final pas facile à lire =/


c'est sûrement un bon livre (bien meilleur, j'entends intelligent, raffiné, intéressant, unique, que celui de Houellebecq) mais je lui reproche sa complexité, qui fait pourtant partie intégrante
du livre.



nathalia 08/11/2010 18:59



Oui j'avais lu ton commentaire, que j'ai beaucoup aimé d'ailleurs. Bizarement, quand c'était trop complexe je survolais un peu, mauvais plan quand même et puis finalement je me suis laissée
porter. Le premier chapitre je crois est le pire. J'ai vraiment tilté sur l'approche sociale en terme d'emploi et la mondialisation du monde du travail.


ouais the winner is Houellebecq pas lu de toute façon c'était un peu programmé, je vais en profiter pour aller te lire  enfin c'est dommage pour Mathias Enard, mais c'est le jeu "ma pauvre
Lucette"