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Nathalie bouquine

La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello

Northanger Abbey-Jane Austen

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Cet été, la chaine de télé franco allemande ARTE, a diffusé en boucle plusieurs adaptations des romans de Jane Austen, ainsi qu'un biopic sur la vie de la romancière : Les choix de Jane. Le forum Woopsy Daisy a donc lancé un challenge My Jane Austen Summer

 

J'avais sorti de ma bibliothèque en Avril, (et oui avec le printemps dépoussiérage des rayons de la bibliothèque) mon exemplaire de la Pléiade, offert pour un mécène éclairé en son temps, disons le clairement je ne l'avais jamais ouvert! Me disant que je le lirai plus tard. J'ai donc relu Orgueil et Préjugés en Avril, qui est loin d'être mon favori, puis cette profusion télévisuelle m'a incité à lire Northanger Abbey (NA).

 

L'avantage de cette édition, est qu'elle regorge de notes et de précisions sur les romans d'Austen, plan de Bath en prime. C'est très pédagogique, la lecture des 215 pages de ce roman, se trouve ainsi rallongée utilement. 

 

Cette édition présente les trois premières oeuvres de la romancière, dans leur ordre chronologique d'écriture et non de parution, l'abbaye de Northanger Le coeur et la raison et Orgueil et Préjugés, ainsi que les Juvenilia, oeuvres de jeunesse.

 

Il se trouve que NA, édité à titre posthume, fût le premier roman écrit par Jane Austen dès 1792 et la romancière le retravailla à plusieurs reprises, notamment lorsqu'elle sejournât à Bath avec sa famille. Une sombre affaire d'achat du manuscrit, non publié n'a pas permis de le faire connaître du vivant de l'auteure. Et pourtant, je trouve finalement très réussi NA, il révèle l'intelligence de cette romancière, ce que j'apprécie vraiment lorsque je la lis.

 

Dans NA, le lecteur n'échappe pas au traditionnel exposé, que j'ai pu retrouvé dans mes précédentes lectures à savoir : Comment, une jeune femme de bonne éducation peut-elle réussir à contracter un mariage heureux et argenté? Le préférable étant que les deux conditions soient réunies, même si par essence la condition première prime.

 

D'autant plus, lorsqu'elle ne dispose pas  toujours des cartes nécessaires pour une rencontre de bonne fortune, à savoir un père pasteur, une éducation dans une famille nombreuse, habiter loin de toute vie mondaine privée de croiser un jeune homme de bonne famille.

 

Si par chance, elle a comme voisin un couple, sans enfants, plus fortuné que sa propre famille, qui part en villégiature à Bath et décide de l'emmener, ses chances de faire des rencontres opportunes augmentent alors.

 

C'est donc sous des hospices favorables que débute l'histoire de Catherine Morland, qui accompagne ses voisins les Allen à Bath, la station thermale ou les Londoniens aisés séjournent pour se reposer et prendre les eaux. Catherine, chaperonnée par Mrs Allen va donc s'installer à Bath, ville mondaine, elles investisssent ensemble la Pump room ou les habitants prennent les eaux et le soir, les Upper assembly rooms, les salles de bals, dans l'objectif de nouer des relations.

 

Catherine rencontre Henri Tilney, le cadet de la famille propriétaire de la fameuse abbye de Northanger. L'histoire serait simple pour la jeune femme, sauf que Mrs Allen se lie également avec Mrs Thorpe et ses enfants John et Isabella. Catherine se lie d'amitié avec cette dernière, qui l'incite à la lecture de romans gothiques,  Les mystères d'Udolpho d'Ann Radcliffe.

 

 

Catherine, dont l'imagination déborde, se prend de passion pour ce roman et ne pense qu'à retrouver le frisson dans une vieille demeure, à l'image de l'héroine de son roman favori. Entre son imagination, sa naiveté à cerner les motivations de ses relations, Catherine va se retrouver au centre d'un quiproquo, entre John Thorpe, et le général Tilney, le père d'Henri, qui compromet ces chances d'union avec ce dernier.

 

 

 

L'histoire est simple et l'intrigue rondement menée, Jane Austen révèle ce qu'il faut savoir de la vie mondaine à Bath. Lorsque je lis Austen, je suis rarement sous le charme des personnages, ils apparaissent au demeurant banals, à la psychologie peu étoffée.

 

Pourtant, Jane Austen se débrouillent pour dévoiler petit à petit leur maladresse au regard des convenances et c'est là ou elle excelle, car disons le clairement là ou certains sombrerait dans la médisance, elle non, elle reste sur le fil, elle connait la limite à ne pas franchir, elle fait preuve d'un bon sens, elle décrit les attitudes, les comportements, les postures de ses personnages, le plus simplement du monde sans un mot de trop, ce qui la rend moderne. Elle reste sur l'apparence, sans commettre d'impairs.

 

 

Car lorsqu'elle décrit les frères, soeurs Thorpe et Tilney, tout est dans le contraste, chacun se comportant de manière si différente envers Catherine, qu'il est aisé de deviner l'issue de telles relations. Le portrait de Thorpe est cinglant, sans pour autant les mettre au pilori, chez Austen l'écriture ne juge pas, elle démontre.

 

 

A la lire, je trouve que ces comportements sont toujours d'actualité, même si cette époque de convenances est révolu, l'intérêt financier et les occasions de saisir des opportunités sous quelque formes existent toujours. Et c'est réllement cela que j'apprécie lors de ma lecture de cette auteure, ce qu'on appelle son humour, je la trouve si intelligente, que je ne crois pas à ce jour avoir lu aussi bien qu'elle quand il s'agit de décrire le comportement humain et son côté ridicule, peut-être Molière!

 

 

 

Bien entendu, vu la passion de catherine pour le roman gothique, et la manière dont elle s'amuse avec ce personnage, la question se pose sur les intentions d'Austen concernant la satire de ce type de romans. Pour ma part, je trouve ce détail de l'intrigue fort amusant. Les notes de l'édition, précisent qu'Austen a écrit NA avant la parution du roman d'Ann Radcliffe-Madame Lefroy avait conseillé la lecture des mystères d'Udolpho à Austen- la version initiale a donc été re-écrite en introduisant dans l'intrigue ce trait de caractère, fantasque chez Catherine.  

 

C'est vrai que Jane Austen pointe du doigt cette passion démesurée pour le roman gothique, qui n'est pas sans rappeler ce que l'on peut observer également de nos jours face à des succès littéraires, elle s'amuse beaucoup avec Catherine, lorsque cette dernière invitée à Northanger Abbey, s'imagine trop de choses, alors que le lecteur comprend parfaitement que l'abbaye en question n'a rien d'une maison "hantée".

 

Pour ma part, Jane Austen m'a donné très envie de lire Ann Radcliffe et ce type de roman. Je trouve là aussi que la satire est excellente et pondérée. Ce qui fait en grande partie la réussite de cette intrigue. Bien entendu, la réussite ne serait pas totale si la romancière n'allait pas jusqu'au bout en réunissant le gentil couple, que forme Catherine et Henry, finalement je me dis que j'aurai du ouvrir ma pléiade et la lire comme il se dévait pour enfin un peu mieux apprécier le talent d'Austen.

 

 

Lu dans le cadre de My Jane Austen Summer sur Woopsy Daisyjane10

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T

je relis au minimum un austen par année, une merveille !
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N


Celui ci m'a enchanté, un Austen par an une bonné idée!



A

En grande admiratrice de Jane Austen, je viens de lire les Mystères d'Udolphe. C'est très instructif sur le genre de lectures de l'époque et je n'en apprécie que plus Northanger Abbey maintenant
:)
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N


Ah, c'est sure qu'en refermant Northanger Abbay, je n'ai eu qu'une envie  lire Les Mystères d'Udolphe, c'est d'ailleurs révélateur du génie d'Austen, elle s'amusent de l'engouement pour la
littérature gothique et arrive à susciter un telle curiosité près de deux ans plus tard, sur la lectrice que je suis. Je ne sais pas si elle avait prévue tout ça.


 


Je n'ai pas de romans d'Ann Radcliff dans ma biblio, pour le moment. Northanger Abbey m'a beaucoup plu.



K

J'aime bien ton article argumenté! Tu n'as pas l'air d'être la fan aveugle de l'auteur, mais justement ses qualités (et ses défauts?) ne t'échappent pas. Comme les autres, j'ai lu et relu NA...
Pas trop de souvenirs de la vie à Bathe au début, sauf que c'était bien vu et amusant. Une fin rapide, aussi.


J'ai lu un roman d'Ann Radcliffe (http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-36019586.html) fort heureusement c'était court! Mais ça vaut vraiment le coup de tenter.
Répondre
N


Bah, je pense que si j'avais lu Austen adolesente, ça ne m'aurait pas trop plus! Je suivrai tes bons conseils pour Radcliff.