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Nathalie bouquine

La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello

Pour quelques gouttes d'alcool-Matt Bondurant

matt bondurant pour quelques gouttes dalcoolEtat de Virginie 1929, comté de Franklin, les frères Bondurant Forrest, Howard et Jack Bondurant sont des Bootleggers, des briseurs de blocus.

 

Particularités des ces trois frères, ils ont toujours une bonbonne à portée de mains. Traduction, ils sont des professionnels de la production, et distribution d'alcool dans un pays qui l'a interdit à la vente et consommation. Une  forme de résistance.

 

Forrest est le pionnier de ce trafic, avec Maggie, il contrôle la distribution de l'alcool dans une station service Blackwater, qui fait office de scierie aussi. La règle d'or est de ne jamais parler d'alcool et du trafic. Il effectue les livraisons à domicile, encaisse l'argent et paie "ses employés", il est chargé de l'approvisionnement en matière première. La station est une couverture pour ceux qui viennent remplir leur bonbonnes d'alcool en direct. Forrest a su s'imposer et se faire respecter par la qualité de son travail et les risques qu'il prend à travailler en toute illégalité, jusqu'à risquer sa vie car son petit commerce génère conflits et rivalités.

 

Howard est le producteur et bras droit de Forrest, il fabrique les alambics de fortune et gère la production d'alcool. Pour fabriquer les litres d'alcool, il se cache dans les montagnes la nuit , et alimente la station de Blackwater de Forrest. Howard a connu la première guerre mondiale en Europe. Il ne roule pas sur l'or, alcoolique il dépense bien souvent l'argent gagné au jeu. Au grand desespoir de sa femme Lucy.

 

Jack est le benjamin, il vit dans l'ombre de ses frères. Ces derniers le laissent à l'écart, cependant il rêve d'argent, de belles voitures. Il se met lui aussi dans le trafic, profitant de la réputation de ses frères.

 

Voilà, le trafic d'alcool est important, et génère de gros profits. Les sherifs du comté veulent prendre leur part du gâteau en imposant aux traficants de leur verser une taxe, en échange ils fermeront les yeux sur les échanges d'alcool qui s'éffectuent sous le manteau en arrêtant de détruire les alambics et en contrôlant moins les livraisons

 

Forrest va refuser de payer la Tax Unit Alcool...et s'opposer à ce lobbying. 

 

Matt Bondurant est le petit fils de l'un des trois frères. L'histoire familiale est racontée avec beaucoup de distance, il ne fait pas l'apologie de ces ascendants  et il nous plonge dans cette campagne de la crise de 29,qui n'a que cette solution pour survivre : produire illégalement de l'alcool.

 

Statistiquement, le comté de Franklin était la région où l'alcool illégal coulait à flot. Les habitants vivaient de cette économie.

 

C'est avec beaucoup de précision que l'auteur explique que ces hommes s'impliquaient,   corps et âme, activité physique et éprouvante. Ils travaillaient principalement de nuit, en déployant leur ingéniosité pour ne pas se faire pincer.

Ils produisaient un excellent alcool bien pure malgré des conditions rudimentaires et aussi du tord boyau, lorsque les conditions de distillation n'étaient pas optimales.

 

L'argent gagné servait aussi à acheter les matieres premières, sucre, céréales et cuivre pour fabriquer les alambics. Une vraie économie parallèle.

 

J'ai aimé le portait des 3 frères Bondurant et les petits détails mentionnés par l'auteur, notamment quand le jeune frère décide de se lancer dans la commercialisation de sa production et qu'il installe son point de vente dans les toilettes de la tante Winnie. En stockant l'alcool dans un chauffe eau hermétique de 240 litrs et raccordé par tuyau au système de conduite d'eau de la maison, il avait installé une vraie pompe libre service d'alcool dans les toilettes grâce au lave mains. Les clients patientaient dans le salon pour se rendre au toilettes, tout en discutant avec la tante et ses amies qui tricotaient. 

 

J'avais tilté sur ce roman lors de ce partenariat avec logobob01, car la présentation mentionnait que ce roman mettait en scène Sherwood Anderson, écrivain peu connu, dont les romans relatent bien souvent la vie de ceux qui n'ont pas acces au rêve américain. Il sert essentiellement de caution journalistique pour relater les faîts de cette époque.

 

 C'est un roman sur l'Amérique de 1929, la crise dans les campagnes et les moyens trouvés par ces hommes pour survivre. Vous trouverez le mot bonbonne à chaque page, car ces hommes buvaient pas mal aussi. Et force est de constater que même si aujourd'hui la commercialisation d'alcool est devenu légale, cela restera toujours le produit consommé en temps de crise, comme un remède évident et nocif à la fois. Car l'alcool tue. Des époques différentes et  des maux identiques.

 

Une lecture dépaysante, rassurez vous, vous ne serez pas grisés par l'alcool mais enivrés par cette histoire famililale de traficants, bien sympathiques et attachants. Très éloignés de la réussite du rêve américain, une anti-thèse de la réussite sociale.

 

Merci aux Editions de l'Archipel et à BOB, très généreux en Septembre pour ses partenariats 

 

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