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Nathalie bouquine

La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello

Immortelles-Laure Adler

Immortelles-Laure Adler

Quand je cherche à me rappeler ce qui c'est passé à ce moment là, cela vient par fragments, puis ça repart sans que je sache pourquoi. C'est chaotique, discontinu, comme ces feux d'artifice à l'intérieur de la rétine qui surgissent en plein jour alors qu'on ne s'y attend. Avec le temps, les souvenirs se disloquent et les quelques images et sensations que je crois garder sont peut être des reconstitutions de ma mémoire, qui me fait le plus défaut.

L'an passé, lors du Livre sur la place à Nancy, j'ai eu l'occasion d'écouter Laure Adler et Françoise Nourrissier, un rencontre avec deux femmes d'exception. Je connais fort mal Laure Adler, la journaliste et jusqu'à présent je n'ai lu que le livre "Les femmes qui aiment sont dangereuses."

Laure Adler évoque dans ce roman quatre femmes, la narratrice dépeint trois de ses amies, Florence, Judith et Suzanne qu'elle a eu l'occasion de connaître dès sa jeunesse. Ici, il n'est pas question de portraits, ni d'hommages, ni d'éternel féminin.

La narratrice dépeint à merveille ses trois femmes, de l'enfance jusqu'à leur disparition, à chaque âge de la vie, permettant une évocation sommaire de la condition féminine, dans les années 60,70.

Les années 60 relate l'enfance de chacune d'entre elle, un passage du roman que j'ai jugé "retro" , sans jugement de ma part; je l'ai lu avec la curiosité d'une fille sur l'époque de sa maman.

Chacune grandit dans des milieux et des foyers différents, le contraste est cuisant entre elles. Suzanne, vivant avec sa mère célibataire, situation sociale difficilement acceptable et montrée du doigt. Suzanne ne croise sa mère qu'au petit déjeuner et au repas du soir. Cette dernière contrainte à accepter les horaires de nuit de son métier d'infirmière, les horaires de jour étant confiés aux "mères de famille" avec un vrai foyer.

Le foyer de Judith, dont les parents Juifs ont fui pour l'Argentine durant la dernière guerre, reste marqué par les injustices faites aux Juifs; elle grandit loin de sa culture originelle, tout en s'épanouissant dans une autre culture.

Florence voit sa mère, dépérir dans sa situation de femme d'intérieur, qui jour après jour voit la folie la gagner, jusqu'à l'inévitable.

Pourtant, ces jeunes filles entretiennent des relations mère-fille uniques et fortes, conditionnant leur devenir.

Puis, les années 70 laissent s'épanouir ses trois femmes, l'époque est propice à la libération et la narratrice sublime chaque rencontre avec chacune d' elle, elle n'oublie aucun détails, leur charme, leur défaut, leur existence, et les relations d'amitié se tissent, s'épanouissent. Lors du festival d'Avignon en 1968 Florence croise la narratrice au camping de l'île de la Barthelasse.

Puis sur les bancs de la Sorbonne, c'est Judith et la narratrice étudiantes en psychologie, ne loupant pas un cours de Deleuze.

L'amitié avec Suzanne est plus ancrée, la narratrice l'a aidé à échapper à ses mauvais choix, Suzanne va devenir psychiatre.

Laure Adler a construit chaque histoire indépendamment, ce n'est pas une histoire d'amitié entre copines, j'aurai presque envie d'ajouter que j'aurai aimé en savoir plus sur chacune d'elles.

Et puis, non, ces trois femmes n'existent que dans le moment de cette lecture, elles s'oublient et il faudra à nouveau ouvrir ses pages pour les retrouver. Une démonstration d'amitié.

Un roman, que j'ai hâte de partager avec ma mère et quelques collègues, histoires de discuter entre femmes.

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Commenter cet article

clara 11/09/2013 07:06

Je vais le lire bientôt !

clara 10/09/2013 08:24

Une histoire de femmes, il est pour moi !

Nathalie 10/09/2013 21:20

Clara, Pas de coup de cœur pour ce roman, il reste très agréable à lire!