La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello
21 Octobre 2013
Entre Véronique Ovaldé et moi, jusqu'à ce roman, ça ne fonctionnait pas. Malgré deux ou trois autres tentatives de lectures, je restais hermétique à la fantaisie de l'auteure.
J'ai vraiment pris ce roman sur un coup de tête, tout simplement sur cette couverture et ce type avachi sur son transat, se masquant une forme de réalité alors que le soleil brille, c'est loin d'être une "belle couverture" d'ailleurs, mais je la trouve assez parlante, comme un acte désespéré. En achetant ce roman, j'avais des chances de finir comme ce type dans mon canapé, en me disant "T'as pas aimé les précédents, c'était couru d'avance".
Et puis, quelques heures de train et me voilà accroc à cette lecture, comme envoutée et scotchée à l'histoire.
Maria Cristina Vatônen a fait le choix de s'installer à Los Angeles, et elle a bien fait car entre LaPérouse, où elle est originaire et la cité des Anges, c'était le seul choix possible pour concrétiser son rêve d'un ailleurs, "The American Dream des années 70". La Jehovah girl, surnom donné par ses camarades de la fac, deviendra l'écrivain.
Le lecteur la découvre, à l'apogée de sa réussite, suite à la publication de son roman "La vilaine Sœur", qu'elle a publié grâce à son mentor, "le brigand" de l'histoire Rafael Claramunt. Maria Crisitna est sur le point de revenir au point d'ancrage, pour faire connaissance avec son neveu Pipilt.
Et parce que Maria Crisitna doit repartir d'où elle vient Lapérouse, alors qu'elle est bien là où elle est à Los Angeles, Véronique Ovaldé déroule l'histoire familiale de cette jeune femme, qu'elle voile, imagine, déforme, amplifie, pour en gommer l'affligeante banalité : l'ennui guetterai facilement le lecteur, si elle ne transformait pas la réalité de la vie de Maria Cristina, et je me suis sentie comme au spectacle à lire à travers ses personnages, tous décalés les uns par rapport aux autres, leurs noms improbables, leur personnalité unique, extravagante, excessive pour certains, et la maison rose cul, un vrai décor de ciné, avec un soupçon de vérité de temps à autre, histoire de ne pas passer de l'autre côté du miroir...
Véronique Ovaldé parle d'amitié entre femme, de la relation parents-enfant (entente et mésentente), de la difficulté de s'affranchir de l'éducation reçue, des décisions à prendre au bon moment, du malentendu amoureux, l'attraction de la nature, et du pouvoir de la lecture, comme une ouverture sur le monde mais aussi un refuge dans les mauvais moments. En lisant, ce roman, je pensais au film d'Emir Kusturica Arizona Dream sans savoir pourquoi d'ailleurs.
Oui l'écriture de Véronique Ovaldé est pleine de fantaisie, cependant ce n'était pas suffisant pour transformer les essais précédents, il y a un "Je ne sais quoi" dans son écriture , qui donne à la parution de ses romans une saveur pimentée, différente et j'ai trouvé une belle énergie, dans celui-ci.