La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello
15 Août 2010
Découvrir Tom Robbins, l'écrivain de la joie, c'est une rencontre d'exception. Et je me dis simplement que je ne pouvais pas passer à coté d'un tel monstre de l'écriture...
Pour les cinephiles je me contenterai de dire si vous avez aimé les films suivants : The big Lebowski et Burning after Reading 2 films des talentueux frères Cohen, Louise- Michel de Benoit Delepine et Gustave Kervern et Eldorado de Bouli Lanners (une référence belge) , Tim Robbins écrit dans cet état d'esprit et vous aimerez lire ce roman. Bref Tom Robbins est à la littérature ce que Godard est au cinéma, il fait exploser les codes.
Qualifier ce roman de déjanté, c'est faible ...ET en réaliser le résumé c'est forcément mission impossible, alors je me lance.....
Gwendolyne, jeune femme symbolisant la réussite américaine grâce à son MBA, est trader à Seattle - Nous allons vivre en sa compagnie son week-end de Paques, du jeudi saint au Lundi de Paques, alors que les marchés financiers s'effondrent.
Commence alors un veritable cauchemard pour notre Gwendoline, persuadée qu'elle va perdre son job, sa porshe, son futur appartement dans le quartier le plus hype de la ville, ses liquidités et tout ce qui symbolise sa réussite sociale... elle vit des heures durant lesquelles elle oscille entre perdre tout et tout faire pour ne rien perdre...
Jusque là rien de bien loufoque, et puis tiens ca rappelerait presque quelques évenements de cettte année 2008/2009, ...sauf que Tom Robbins lui décrit cela bien des années avant la crise, vu que son roman a été publié pour la première fois en 1994.
Revenons à notre roman et plongeons nous dans le vrai délire, notre héroine Gwendolyne, va vivre des situations aussi incongrues les unes que les autres-
Tout d'abord, Gwendolyne fait connaissance avec Larry Diamond, un trader talentueux des années 1980 qui a tourné le dos à sa profession pour vivre à Tombouctou, admirateur des Dogons et des Bozos il bassine la belle Gwendolyne avec ses théories sur la vie, et lui fait un rentre dedans d'enfer - Larry est aussi fasciné par les amphibiens, et intarissable sur le sujet - Il habite un appartement en sous sol La Maison du Tonnerre (sous un bowling), en co-habitation avec un Amerindien, Twister dont la principale occupation est d'admirer un dessin de Van Gogh acheté 3 millions de dollars , tranquilement assis dans son tipi.
Larry, ex-trader était au sommet de sa gloire the best, il maitrisait toutes les ficelles du métier, aujourd'hui devenu un anonyme bref un bof, ce que Gwendoline se refuse à dévenir et ce qui risque de lui arriver si elle ne sauve pas son poste- Cependant, Harry, représente sa seule chance de sauver sa situation financière et sauver son poste grâce à son expérience.
Gwendolyne s'emploie à fuir , cet Harry encombrant et insupportable de part ses assiduités, sauf que sa meilleure amie Q-Jo, liseuse de cartes de tarot disparait sans laisser d'adresse juste apres un rendez vous, avec Larry Diamond. Gwendolyne démarre alors des recherches en vue de retrouver son amie et doit se fader Larry le rustre. Et l'occasion pour elle de lui soutirer des informations pour se refaire sur les marchés financiers et recouvrer sa crédibilité professionnelle.
Sans compter qu'elle s'est engagée à rechercher André, le singe de son petit ami, Belford Dunn le philanthrope irréfléchi - Ce petit singe cleptomane de bijoux, arrêté par la police de Saint Topez en flagrant délit et condamné à l'euthanasie,sauvé par notre Brigitte Bardot nationale et adopté par Belford.
... Enfin, j'allais oublier le professeur Motofusa Yamagushi, un éminent médecin chercheur japonais , qui a trouvé le remède miracle contre le cancer une Canule ... Et le violeur adepte du securi-sexe, dont Gwendolyne est la victime.
Comment tous ces personnages vont-ils vivre la crise financière qui vient d'entrainer l'effondrement des marchés boursiers? Et quid de la co habitation Harry et Gwendoline ???
Tout d'abord, si vous n'avez rien compris à l'histoire telle que je la raconte tant mieux
car personne ne saurait mieux la raconter que Tom Robbins himself.
J'ai apprécié la lecture de ce roman, dont l'histoire est tirée par les cheveux, loufoque ou simplement fantaisiste. D'autres emploieront le mot trash pour décrire la prose de Robbins - Tout réside dans le talent d'écriture de cet auteur, drôle, imaginatif et hors normes. De temps à autre, c'est plaisant de lire avec une certaine désinvolture, sans se prendre au sérieux, sortir des sentiers battus, lire ce qui n'est jamais écrit dans d'autres romans
L'histoire semble légère et pourtant, chaque phrase est travaillée finement, les mots choisis, les situations explicites, un style très imagé et imginatif- C'est chiadé!!!! : quelques courts passages
"Pourquoi ne sommes nous pas aussi intelligents éveillés que nous le sommes dans nos rêves?"
"Si le réchauffement de la planète fait fondre la banquise, comme certains nous le prédisent, nous n'aurons guère le choix, il faudra bien retourner à un mode de vie aquatique"
"Si c'était un crime d'être payé pour un boulot pour lequel on n'est pas vraiment doué, la motié du pays serait derrière les barreaux, y compris ce crapaus malfaisant qui vient de nous parler depuis le bureau ovale."
J'étais prévenue par Keisha de la qualité des publications de Gallmeister, c'est dans la collection Americana que Tom Robbins figure. Et, malheur à moi de clamer que je préfère lire les auteurs américains car leur regard sur notre société est bien plus lucide.
Et pour conclure sur la même note que le livre, Tom Robbins rejoint ce concept du French Paradoxe (l'exception française) il est méconnu par le lectorat français, alors que ses 9 romans sont des best sellers en Europe, Asie et Etats unis...
Je suis ravie d'avoir fait sa connaissance, merci aux Editions Gallmeister (la patte de l'ours) pour l'envoi et à BOB pour le partenariat.
Parce que plusieurs avis valent mieux qu'un: les avis sur BOB bientôt.
Autres avis sur le premier roman de Tom Robbins écrit en 1971,
Une bien étrange attraction