La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello
13 Mars 2011
Voila le dernier roman d'Arnaldur Indridason, dévoré sur le week end, une enquête menée par Elinborg, la collègue d'Erlendur. Et oui absent pour motif de vacances, Erlendur est parti dans les fjords de l'Est de l'Islande, c'est donc Elinborg, chargée d'une enquête des plus délicates.
Appelée sur le lieu d'un meurtre dans le quartier le plus branché de Reykjavik, le 101. Runolfur est retrouvé chez lui baignant dans son sang, vêtu d'un tee shirt féminin au motif San Francisco, et le pantalon sur les chevilles. Il a été égorgé et s'est vidé de son sang (et oui) . Les analyses toxicologiques montrent qu'il a absorbé la drogue du viol le Rhoypnol, (substance incolore et inodore utilisée par les violeurs, administrée avec de l'alcool elle occasionne une perte de la mémoire chez les victimes, quand celles ci reprennent connaissance elles ne se souviennent de rien).
Sur le le lieu du crime, Elinborg va flairer un odeur d'épices chez la victime, imprégnée sur un châle pourpre. Excellente cuisinière, elle va identifier l'origine de cette odeur, les épices utilisées pour la cuisine indienne : le tandoori. Il apparait clairement que la victime n'était pas seul le soir de crime, qu'une présence fémine entoure ce meurtre mystérieux!
Certes, Erlendur n'est pas présent dans cette enquête et c'est Elinborg, qui prend le relais. Très différente d'Erlendur, sa vie de famille est équilibrée et riche, son mari Teddi est un compagnon présent et fiable, ses trois enfants lui occasionnent les soucis d'une mère, qui élévent des adolescents. Elle est tres complice avec sa fille Théodora, et lorsque la pression des enquêtes la submerge elle trouve la sécurité de cette ambiance famililale. Absente trop souvent de cette vie de famille, elle s'épanouit en mitonnant des petits plats pour eux, elle adore cuisiner. Et dans cette enquête, elle ne va pas manquer de flair.
Bien sur, elle mène les interrogatoires d'une main de fer, elle apparait bien plus organisée qu'Erlendur pour traquer les suspects , et dans cette enquête son instinct féminin va primer, car les victimes sont des femmes victimes de viol. Elle va délier les fils de plusieurs affaires de viols et de disparition de jeunes femmes. Un vrai roman policier et féminin, avec la touche finale, qui n'est pas sans rappeler Erlendur.
Erlendur s'était spécialisé dans les affaires de disparition, et dans ce roman Arnaldur Indridason traite de manière brillante les dommages collateraux d'un viol sur les victimes, il lève le voile sur cette violence physique et psychologique , l'engrenage de la culpabilité pour les victimes, les procédés vicieux et pervers utilisés par les violeurs, les récidives et les condamnations minimum pour les violeurs, C'est très juste et si difficile d'évoquer cette forme de crime sans déclencher trop d'émoi et de compassion.
Enfin cette intrigue serait peut être du déja lu ailleurs, s'il n'y avait la touche Islandaise si mystérieuse, le pays des volcans, le pays où les traditions sont ancrées et ou bien souvent les mystères les plus enfouis refont surface. La terre de feu et de glace, des traditions et de la modernité
Je me suis sentie dans mon élément et j'ai adoré comme d'habitude!
Le titre original du roman islandais est myrka.