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Nathalie bouquine

La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello

Bilbao New York Bilbao-Kirmen Uribe

bilbao.png

 

J'ai de suite été attirée par ce roman. Certes, la couverture invitait au voyage en mer, même si je ne comprenais pas vraiment ce que faisait ce requin volant dans le coin gauche. Impossible de résister à l'appel de cet auteur basque, je savais qu'en ouvrant ce livre, j'allais me retrouver sur cette côte avec des gens de caractère.

 

J'habite  à quelques heures de route du Pays basque, j'ai l'occasion de m'y rendre fréquemment, c'est un endroit de détente. De beaux paysages, des plages magnifiques pour surfer, d'autres plus tranquilles comme la baie de St Jean de Luz, des ballades dans les Pyrénées en automne magnifiques, et des villages, je pense à Espelette et Les Aldudes perdues au milieu de nulle part. Je ne suis pas basque, et pourtant il m'arrive de comprendre cette langue, j'habite une région où les langues régionales sont vivantes, et au pays basque, le basque est parlé couramment.

 

 

Alors, je me suis plongée dans cette lecture, en espérant y trouver l'âme basque.

Quel est le point commun entre Aurélio Arteta Errasti, les pêcheurs de Rockhall, une île de l'Atlantique au Nord de l'Ecosse et Kirmen Uribe, l'auteur? Le port d'Ondarroa en Biscaye, pays Basque espagnole, un port d'attache pour tous, le point originel, le lieu qu'il porte en eux. 

 

 

Kirmen Uribe, né a Ondoarroa  devait faire partie du tableau de ce roman, il a l'idée d'écrire sur sa famille de pêcheurs depuis plusieurs générations, l'idée est là mais il peine à l'exploiter. Alors, comme il l'a vu si souvent dans les toiles de grands maîtres, Van Eyck dans Le tableau des Epoux Arnolfi, ou Velazquez dans les Ménines, il décide de faire partie du roman, alors certes il sera surement classé dans le genre auto fiction, sauf que voilà pour moi il utilise pleins de formes du récit différentes, et le rendu est assez surprenant: histoires sous forme de conte, anecdoctes, échanges épistolaires de courriel, rencontres entre écrivains.

 

Il se met en scène durant un voyage entre Bilbao et New York, ceux qui voyagent savent à quel point ce temps d'attente est riche de rencontres avec ses voisins dans l'avion, l'occasion de laisser surgir ses pensées, de lire. A chaque étape du voyage une histoire.

 

 

Il démarre par la vie d'Aurelio Arteta en 1920, vous ne le connaissez pas, moins non plus. Un peintre basque de fresques murales, à la manière de Diego Rivera. Son histoire est liée au village d'Ondorra, lieu ou il venait trouver l'inspiration. Arteta travaillait sur commandes avec l'architecte Bastida. En retraçant leur correspondance, ils dévoilent deux caractères différents que tout oppose, et qui se voue une veritable admiration, ils travaillent de concert sans rivalité jusqu'à la guerre d'Espagne, qui change leur vie.

 

Le vol se poursuit, après un transit par Francfort, Kirmen écoute les notes du piano de Norah Jones, et regarde Entre Les Murs de Laurent Cantet, son âme vagabonde, l'histoire de ce prof de français, initiant ses élèves à la langue de Molière l'interpelle. Son oncle Boni a contribué à l'écriture du dictionnaire des pêcheurs basques, ce passage fourmille de détails sur l'origine des mots et la manière quasi poétique, de nommer un oiseau.

 

 

Les souvenirs de Kirmen se succèdent sans chronologie apparente, il évoque ses proches. Puis, il nous plonge au coeur de ce métier de pêcheur traditionnel, il évoque son père et les longues campagnes de pêches au Nord de l'Ecosse. Les techniques de pêches artisanales, respectueuses de la mer, sans l'être forcément toujours des lois maritimes. Toujours le souci de protéger son équipage des dangers de la mer, comme les vagues géantes. Kirmen a suivi les traces de son père dans cet île de Rockhall, où les habitants se souviennent de ces pêcheurs et de leur spécialités culinaires.

 

 

Certes, les histoires sont décousues, le fil n'est pas évident à suivre, je me laisser porter par le récit, le voyage se fait aussi à travers les époque, difficile de ne pas évoquer la guerre d'Espagne, le régime franquiste et l'ETA, cependant le roman n'est pas fondée sur la politique loin de là.

 

 

"Les idées sont une chose, la générosité en est une autre", je cite l'une des tantes de l'auteur, et ce qu'Kirmen Uribe écrit, il le fait avec une telle générosité, car il perpétue cette tradition orale de la culture basque sans jamais en faire une banière indépendandiste. Ce roman reflète vraiment l'âme basque et avec beaucoup de poésie!

 

 

Parmi les romans publiés pour l'année 2012, c'est pour l'instant l'un de mes préférés.

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Y

Je crois que ça me plairait de découvrir le pays basque grâce à ce livre et avec un auteur que je ne connais pas.
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N


Je ne connais pas très bien l'auteur non plus, il a sa plume, il m'a fait découvrir un peintre, il m a ajouté un roman dans ma liste à lire Carson Mc Cullers Le coeur est un chasseur solitaire!
Pour le Pays Basque, il ne t'en fera découvrir qu'une facette, juste ce quil faut pour t'évader un peu. @bientot



K

Connais pas, mais si tu as aimé, je peux m'y pencher!
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N


Oh, je l'ai trouvé à la biblio, c'est très différent d'un carnet de voyage, et j'ai beaucoup aimé les états d'âme de cet auteur. j'espère juste que tu aimes la pêche, je crois que tu avais lu les
titres de Gallmeister sur les truites, donc ça devrait passer. Par contre, sur ce versant des Pyrénées basques, il n'y a pas d'ours, je te préviens!