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Nathalie bouquine

La rigueur, moi ça me gâche le plaisir de la lecture, je préfère me laisser porter de page en page et de livre en livre. Holden, mon frère-Fanny Chiarello

Le livre sur la place Nancy 2013

Le livre sur la place Nancy 2013

Voilà deux semaines se déroulait le Livre Sur La place à Nancy. Trois longues journées de déambulations et de rencontres, le programme comme chaque année était bien étoffé. Une fréquentation dense du public, selon les caprices de la météo. Sous le chapiteau place Carrière, les librairies de la villes sont réunies pour former une librairie géante, chacune a son îlot et la fréquentation de la BD est toujours impressionnante.

Toutes les littératures sont présentes, en priorité la production française, un bémol sur la littérature jeunesse, peu représentée; l a thématique historique, tient vraiment une place importante, la séléction de romans historiques, essais, biographie d'illustres, est abondante.

Ma famille habite Nancy depuis 7 longues années, à 10 minutes à pied de la magnifique place Stanislas et c'est avec grand plaisir que j'ai pu encore profité de ces trois jours d'effervescence littéraire, pour la dernière fois, ma famille prend depuis quelques toujours sa retraite dans le Sud Est.

Je ne suis pas un inconditionnelle du livre dédicacé, et faire la queue durant des plombes pour obtenir le sésame n'est pas trop mon fort, je n'ai guère de patience et supporte peu la foule. Je ne m'arrête que lorsque le champ est libre. En raison d'une météo pluvieuse, la fréquentation est restée acceptable sauf le Dimanche après midi, impossible d'accéder au chapiteau sans attendre son tour.

Aussi,en ce premier jour de salon, le vendredi, le premier auteur que je croise est David Foenkinos, l'occasion de bavarder quelques minutes, sur son film La Délicatesse et de son prochain roman, qui sera beaucoup moins drôle me précise-t-il, sur Charlotte Salomon, dont David Foenkinos dresse très brièvement le portrait dans le roman Les souvenirs.

Ce premier jour est aussi le jour des émissions radios France Inter au magnifique Opéra, la plupart des rencontres littéraires se déroulent dans ces lieux chargés d'Histoire, qui se situent entre la place Stanislas et la place Carrière.

L'affluence est importante pour les émissions, et il faut souvent arriver une bonne demi-heure avant le début pour entrer, mais ce matin là je tente ma chance en arrivant quelques minutes avant le début de l'émission de Frédéric Lopez, "On va tous y passer" l'invitée est Amélie Nothomb, je ne suis pas une grande lectrice de l'auteure.

L'ambiance de l'émission est potache et les chroniqueurs plutôt déjantés, je me demande si Frédéric Lopez invitera Amélie Nothomb dans son émission Rendez vous en terre inconnue, même si pour moi bien souvent la lecture des romans d'Amélie Nothomb me suffit pour me sentir dans un univers totalement inconnu, auquel je reste hermétique. L'exception qui confirme cette règle est Stupeur et Tremblement, justement dans son dernier roman elle retourne au Japon. Amélie cite Virginia Woolf, chouette et Frédéric Lopez lui demande d'expliquer la citation, je n'ai encore rien compris, Amélie est pour moi comme le X d'une équation à résoudre, toujours et encore et je ne reste qu'une petite demi heure.

Je gagne le chapiteau, je fais mon premier tour, cette année l'espace BD et romans SF, Fantasy ont gagné de l'espace sur l'espace littérature, j'y rejoins ma maman pour prendre le repas.

Débute le discours d'inauguration, que nous écoutons en voix off, la présidente du salon est Hélène Carrère d'Encausse et Jean D'Ormesson, absent pour le week-end pour raisons de santé.

Durant ces trois jours, les écrivains se succèdent sous le chapiteau, le Vendredi peu d'écrivains sont présents, si certains dédicacent durant les trois jours (David Foenkinos, Grégoire Delacourt, Tatiana de Rosnay, Régis Debray), d'autres ne séjournent que quelques heures. Cette année, deux écrivains étrangers sont mis à l'honneur, Sofi Oksanen et Owen Matthews, deux écrivains, que je n'ai pas encore lus.

Juste près le repas, nous profitons du soleil sur La place Stanislas, le seul moment de soleil du week-end, je ne résiste jamais à la glace Bergamote Macaron (deux spécialités de Nancy) du glacier sur la place.

Puis, je gagne l'hôtel de ville pour la conférence avec Owen Matthews, journaliste correspondant durant de nombreuses années à Moscou pour le journal anglais Newsweek. Son dernier livre Moscou Babylone, qui est plus un essai qu'un roman, raconte la Russie des années 1990 sous Eltsine, l'époque est à la perte des repères de l'ancienne Union soviétique au profit de l'installation d'un vacuum morale, une période de profit et de corruption s'installe ou faire de l'argent est l'unique objectif.

Le journaliste s'emploie a décrire l'ambiance des nuits moscovites, plutôt décadente qu'il compare à l'époque de Weimar, et son héros, Roman Lambert, lui même journaliste tente de rétablir un sens moral. Owen Matthews retrace tout au long de cet entretien, avec la journaliste Marie-Madeleine Rigopoulos les différents changements politiques, depuis la chute du mur en 1990 qui ont conduit les russes à plébisciter Poutine. Son accent "français" est très agréable à écouter, il est anglais avec des origines russes et il explique "travailler" son français en compagnie de Sylvain Tesson. Il évoque également la littérature russe, Tolstoï et Crimes et châtiments de Dostoïevski. Il est très clair, concis.

Ce sera mon seul débat littéraire de la journée, en soirée j'ai prévu de participer aux enregistrements du Masque et la Plume, et je repasse au chapiteau pour faire quelques repérages.

J'engage la discussion avec Pierre Pevel, "l'homme à la casquette", sur Dumas et le Comte de Monte Cristo, il m'explique sa théorie sur Edmond Dantes, je comprends mieux l'imaginaire de l'auteur et je prends les deux premiers tomes Les Lames du Cardinal, suite aux avis favorables sur Whoopsy Daisy lors du challenge Cape et d'épées de cet été. Je repars avec une petite rose à la boutonnière, ça fait plaisir.

En face, se trouve Owen Matthews, il me conseille fortement de lire son premier roman au préalable, Les enfants de Staline, à caractère autobiographique. J'embarque cependant, son dernier livre Moscou Babylone.

Enfin, je m'arrête auprès d'une jeune femme, Alizée Meurisse, la couverture de son roman Neverdays, édition Allia m'intrigue, elle m'explique que c'est la photo d'une affiche de métro, réalisée avec son portable, assez troublante. De fil en aiguille, nous discutons littérature anglaise, et cinéma hop je me laisse convaincre par cette jeune femme. Elle soigne particulièrement sa dédicace, un magnifique dessin, qui représente l'oiseau de l'affiche du salon du livre, elle prend son temps, elle m'explique qu'elle vient de la Bande Dessinée. Voici mes achats de la première journée, bouclés.

La soirée se passe à l'Opéra, ou deux émissions du Masque et La plume sont enregistrées. L'émission littérature s'est avérée très critique, comme d'habitude les chroniqueurs jouent le jeu, et seul le roman de Jean Rolin a trouvé grâce à leur yeux sur les six ou sept romans présentés, je n'ai lu aucun de ces romans, et je n'ai retenu aucun des livres évoqués lors de cette émission. Sauf celui de Claudie Gallay, La part du ciel, j'ai lu de bons avis sur les blogs, et j'ai trouvé les critiques sévères. J'ai hâte d'écouter parler l'auteure de son roman le lendemain et de confronter l'avis des critiques, à celui de l'auteure.

L'émission cinéma est plus consensuelle, Xavier Leherpeur confie sa passion pour son idole Mylène Farmer, qu'il vient juste de voir en concert, je comprends son émotion, je suis fan de l'artiste Benjamin Biolay. Ouais, parfois les goûts, il faut assumer, et Jérôme Garcin en profite. C'est la seule parenthèse musicale du week end, il en fallait une.

Jérôme Garcin fait intervenir le public pour qu'il donne également son avis sur les films évoqués. Le dernier film de Steven Sodebergh, Liberace semble faire l'unanimité, un film assez audacieux, tout comme l'était Magic Mike, qu'une collègue m'a récemment prêté.

A ce rythme, mon billet va s'étendre, je place en gras les noms des auteurs, qui pourraient vous intéresser, cela vous permettra de lire entre les lignes.

Début de matinée Samedi, avec quelques membres de l'académie du prix Goncourt, toujours à l'Opéra, je comprends un peu mieux pourquoi les choix de ce jury me paraissent inexpliqués, ils ne sont pas souvent d'accord entre eux.

Je reste impressionnée par la capacité de lecture de Philippe Claudel, il a lu une bonne centaine de romans de cette rentrée, durant ces trois derniers mois d'été je lui tire mon chapeau, les membres sont d'accord sur un point lire les romans de la rentrée leur demande une organisation bien spécifique, surtout lorsqu'ils partent en vacances, un problème bien connu des grands lecteurs, je ne m'étends pas sur cette rencontre pas de grandes révélations sur le prix de cette année.

L'après midi est chargée, trois rencontres, l'une sur le thème de l'amour dans les romans, animée par Marie-Madeleine Rigopoulos, avec Monica Sabolo, Christophe Ono-dit-Biot, David Foenkinos, Claudie Gallay.

J'ai prêté plus attention à ces deux dernières, ne connaissant pas du tout. leur roman Monica Sabolo, avec son roman Tout ça n'a rien à voir avec moi, décrit le moment de la rupture amoureuse, toutes ses manies un peu stupides, qui nous habitent lorsque le chagrin d'amour semble insurmontable. Son roman, original sur la forme, se présente comme un roman graphique, elle y insère des dessins, des photos, illustrant la part émotionnelle, qui transite via les objets du quotidien, les vêtements appartenus à l'être aimé, la relecture des sms. Christophe Ono dit Biot et David Foenkinos ajoutent qu'ils ont particulièrement aimé ce roman.

Claudie Gallay souligne sa volonté d'écrire sur des vies individuelles; dans La part du Ciel, elle explore la fratrie et les liens entre frères et soeurs, la manière dont les souvenirs d'enfance peuvent être perçus différemment à postériori. La présentation de l'auteure reste bien différente des avis critiques, écoutés la veille. Elle cite Christian Bobin, dommage je n'ai pas eu le temps noté, et j'ai trouvé cette femme calme, posée, et très sensible, à la voix douce et agréable à entendre.

Ensuite, la rencontre animée par Olivia de Lamberterie, les coups de cœur de la rentrée du magazine Elle, les femmes qui font la rentrée littéraire : elle a choisi d'inviter Marie Darrieusecq Il faut beaucoup aimer les hommes, Véronique Ovaldé La grâce des brigands, Laure Adler Immortelles, et Nelly Allard Moment d'un couple. Olivia de Lamberterie présente succinctement les ouvrages et retient quelques thématiques présentes dans ces romans : le malentendu amoureux, l'amitié féminine, les relations mères-filles.

Le roman de Nelly Allard sort un peu du lot, l'auteure est initialement comédienne, vite oubliée explique-t-elle , et son roman raconte l'histoire d'une épouse voulant sauver son couple, des griffes d'une maîtresse très envahissante, O de Lamberterie parle de roman maîtrisé, Laure Adler partage son avis.

Enfin, la dernière rencontre, animée par Marie Madeleine Rigopoulos avec Léonora Miano, Boris Razon, et Serge Bramly est de loin celle qui m'a le plus captivée. Trois auteurs, dont je lirais volontiers les ouvrages. Serge Bramly arrive à convanincre sans problème sur son court roman Arrête, Arrête, j'avais déjà noté son roman Orchidée fixe, l'an passé sur Marcel Deschamps.

Boris Razon surprenant, et bien contente de l'écouter parler avant de le lire, dans Palladium il raconte "sa traversée du miroir", à la manière du personnage d'Alice, il a choisi la fiction pour raconter sa période d'hospitalisation, car il a traversé ce moment comme tel, un épisode fictionnel, coupé du monde extérieur, il s'est plongé dans la richesse de son monde intérieur. Si l'auteur m'a dérouté au départ, il prend le temps d'expliquer le terme patient, ce qu'il signifie et nul doute que ce roman parlera à ceux qui seront déjà passés par la case longue et/ ou grave maladie. Je note sans problème.

Léonora Miano , son roman La saison de l'ombre se déroule lors de la traite négrière, ce n'est pourtant pas la thématique du roman, des femmes se voient exclues d'une société. je n'en parle pas plus, comptant vous le présenter après lecture.

En soirée, toujours à l'Opéra en diffusion simultanée, je ne suis pas arrivée assez tôt pour écouter Stéphane Bern de vive voix (mais nous l'avons croisé sur la Place Stan et salué en chemin),il fait lecture de son livre Le bel esprit de l'histoire , un recueil des mots d'esprit, répliques et citations, pas toujours bien attentionnées, prononcés par les grands de ce monde, j'ai même appris que Maggie Tatcher pouvait faire de l'humour. Et c'est un régal.

Pour cette deuxième journée, je repars juste avec Clèves de Marie Darrieusecq, (repéré chez Cuneipage) elle me dessine un petit paysage maritime, tout simple.

Le troisième jour Dimanche, c'est le jour des achats, pour ma mère qui fête ses soixante ans et qui compte bien profiter de sa retraite pour lire. Je sais qu'elle veut lire Au revoir là-haut de Pierre Lemaître, mais est rebutée par l'épaisseur du roman, des polars et je l'ai vu feuilleté un roman de Sorj Chalandon, et un essai sur la Résistance de Thomas Rabino . J'ai de quoi faire.

La pluie est au rendez-vous et sous mon parapluie, je croise Chantal Thomas, que je salue discrètement sous son parapluie. Sous le chapiteau, ce n'est pas encore le rush et pas mal d'auteurs sont présents. Je me décide pour le polar et choisit le roman Black Coffee de Sophie Loubière, je ne la connais pas du tout, son roman prend pour fil conducteur la route 66, nous discutons de David Vann, qui l'a pas mal influencé. Je ne sais pas du tout si ce roman plaira à ma mère, mais bon il fait partie des titres qu'elle a repérés.

Ensuite, je croise Léonora Miano, en bonne compagnie avec Sorj Chalandon, je prolonge la discussion avec Léonora, drôle et décontractée. Sorj Chalandon s'intéresse à notre discussion, ma profession a du aiguisé sa curiosité de journaliste, et je repars également avec Le quatrième Mur, La saison de l'ombre, pour moi et La promesse dédicacé pour ma maman. J'ai tellement lu d'avis positifs sur ses romans, et je vous invite à rencontrer cet homme, à la discussion tranquille, pas du tout avare en conseils de lecture, un moment rare.

Ensuite, je prends le temps de rencontrer Valentine Goby, je viens de le terminer dans le train pour Nancy, Kinderzimmer, et je voulais un peu discuter de son roman avec elle et de la manière, dont elle a abouti à ce récit unique, très sensible, peut être trop à mon goût, mais c'est juste mon appréciation de lectrice, car je me suis laissé tout de même emportée par cette histoire.

Le contenu est remarquable et il dénote d'une connaissance approfondie de l'univers concentrationnaire, elle retranscrit les conditions insalubres, la promiscuité, l'incompréhension de la langue allemande, les conditions de vie restreintes (la faim, l'appel du matin, le travail forcé, les maladies), amenuisant le physique et affaiblissant moralement les déportés, faute d'adaptation à ces conditions inhumaines. Elle plonge le lecteur dans un contexte sale, insalubre, et physiquement éprouvant ou l'impact sensoriel est fort pour le lecteur, sans tomber dans l'excès.

Elle décrit également la solidarité entre prisonnières, mais aussi une lutte pour la survie individuelle, qui justement fait exception pour le personnage de Mila, qui arrive à Ravensbrück enceinte et qui va justement devoir survivre pour deux.

J'étais étonnée en fin de roman, qu'elle ne cite pas ses sources bibliographiques, car nul doute en la lisant, elle a du pas mal épluché la littérature concentrationnaire, cependant Valentine Goby m'a expliqué qu'en absence de sources écrites sur la Kinderzimmer, elle a du s'appuyer sur les témoignages des déportés, prioritairement. L'idée étant de garder une trace, de l'existence de ce genre d'endroit

Valentine Goby s'est montré très disponible, une véritable passionnée aux savoirs riches, je n'ai pas pu assister au débat organisé autour de ce roman. Elle m'a indiqué quelques références d'ouvrages, dont les écrits de Magarete Bubber Neumann. J'aime beaucoup lire des témoignages de déportés et j'en lis depuis plusieurs années, elle me précise également que seront publiés sous peu des témoignages de soldats allemands.

Enfin, je passe voir Pierre Lemaitre, et repart avec son roman Au revoir là-haut, pour ma Maman il me rassure sur la longueur du récit et sur le sujet, très accessible. Il a reçu le prix des libraires de Nancy. J'ai à peine le temps de discuter avec Yasmina Khadra, je n'ai pas ouvert un de ses romans depuis L'attentat, et je pense que je suis passée à côté de quelques livres.

L'après midi, j'assiste à un entretien entre Chantal Thomas et Laure Adler, la liberté de ton de Laure Adler me plait, et prend vite le chemin de la conversation détendue. Après un bref aperçu du parcours atypique de Chantal Thomas, elle consacre ses débuts à Sade, la liberté qu'elle trouve chez l'auteur l'a séduite, elle en fait son sujet de thèse sous la direction de Roland Barthes, puis Casanova, après ses études, elle gagne New York milieu des années 1970.

Puis à partir de ses recherches, sur les pamphlets, elle écrit La reine scélérate pour réhabiliter l'image de Marie Antoinette. Elle publie ensuite Les Adieux à la reine, ou son personnage de lectrice de la reine, lui permet une approche uni latérale de Marie-Antoinette, la lectrice observe la reine dans son quotidien, lui voue une admiration, un amour sans possibilité de réciprocité.

Chantal Thomas précise qu'elle met une distance avec son sujet d'étude, en tant qu'historienne, ligne qu'elle conserve en tant que romancière cependant en littérature elle délivre une émotion. Elle précise qu'elle est habitée par cette période, une vraie passion. Elle confirme que l'adaptation du Testament d'Olympe, le deuxième volet est en cours par Benoît Jacquot.

Et L'échange des Princesses est le troisième roman consacré à cette époque, précédant la révolution. Elle s'appuie sur les Mémoires de Saint Simon, elle se base toujours sur des écrits dans ses romans, elle ne dépasse jamais la réalité des faits dans la fiction, elle se contente d'ajouter des détails propres à l'époque pour faire revivre le siècle.

Dans L'échange des princesses, elle a voulu mettre l'accent sur les princesses otages, servant de monnaie d'échanges dans le jeu des alliances politiques entre famille royale, ces "enfants" conditionnés et éduqués, comme faire valoir, pouvaient passer de l'ombre à la lumière. Son roman évoque l'enfance, à une époque ou quelques soit la classe sociale, les enfants servaient de source de revenus.

Suite à cette brillante intervention, je suis un peu fatiguée, mais la toute dernière conférence est celle de Sofi Oksanen, si vous êtes arrivés jusque là, et bien tant mieux, j'ai aussi pris quelques notes sur cette jeune femme, là aussi je pourrais faire bref et vous dire que Sofi Oksanen m'a semblé tourmenté par l'occupation Russes et Allemande de l'Estonie des dernières décennies, mais ce serait faire très court et simplifié.

La jeune femme écrit également des pièces de théâtre et son dernier romans Quand les colombes disparurent est au départ une pièce de théâtre. La rencontre est animée par Florence Noiville, elle semble bien connaître les romans de Sofi Oksanen, la pertinence de ses questions mettent rapidement l'auteure en valeur.

Les romans de Sofi Oksanen place au cœur de l'intrigue des rapports de pouvoir, et l'auteure veut donner une place à ceux qui ont le moins de pouvoir; elle prend souvent des situations symboliques, comme celle du couple ou les rapports de force sont forts. Elle dépeint des personnages privés de liberté, qui se battent pour leurs droits fondamentaux, elle accorde une place fondamentale aux personnages féminins.

Elle s'attache à des sujets actuels comme les relations sociales, les comportements alimentaires (Les vaches de Staline) et l'homosexualité pour son prochain roman à paraitre en France Baby Jane.

Dans son roman Purge, elle semble attacher une importance aux non dits, à ce que l'on ne peut exprimer et à toute cette tradition orale dans un pays ou écrire ou s'exprimer par écrit constitue une preuve et ou s'exprimer par orale nécessite de transformer l'utilisation des mots.

Je ne sais pas si j'aurais l'occasion de lire cette auteure.

Au final, j'ai noté pas mal de titres, achetés quelques romans pour l'année à venir, allonger ma liste d'emprunts de manière conséquente. C'est évident que ces rencontres alimentent ma manière de lire, de choisir, qu'elles restent un élément décisif pour la compréhension de mes lectures et de mes choix de lecture.

Je tiens à préciser que je n'ai fait que restituer des notes de manière partielle, prises lors de ces entretiens, conduits par différents journalistes. J'ai essayé d'en restituer un contenu limité et le plus exact possible, dont je me sers souvent à postériori pour mes lectures, sans pour autant en faire état sur ce blog.

J'imagine que je ne suis pas une exception, passionnée de lecture, comme beaucoup de lecteurs et lectrices, j'essaie sans cesse de savoir, de comprendre, de faire évoluer mon opinion et de satisfaire ma curiosité naturelle. J'apprécie particulièrement ce genre de manifestation, que je préfère aux émissions/critiques presse, ou l'impact du média reste très présent. Lors des rencontres auxquelles j'ai participées, j'ai grandement apprécié le professionnalisme des journalistes, leur questionnement ouvert, et leur volonté de laisser l'auteur s'exprimer sans lui couper sans cesse la parole, de centrer les questions sur les romans et non sur la vie de l'auteure, et d'apporter des éléments d'analyse pertinents de la lecture qu'ils font des romans.

La semaine prochaine, se déroulera le salon du livre de poche de Gradignan, je ne pourrai y consacrer autant de temps, mais je ne manquerai pour rien au monde, une rencontre avec David Vann, je suis sure que les lecteurs de l'auteur, me comprendront.

Merci à ceux qui ont eu le courage de tout lire, et soyez indulgents pour les fautes, je n'ai pas de secrétaire comme les membres de l'académie Goncourt pour assurer une relecture!

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D
Des journées bien pleines et de bien belles rencontres !!
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S
Merci pour ce long récit, c'était super à lire. Il y avait vraiment toute la scène littéraire actuelle à Nancy, quelle chance de rencontrer tous ces auteurs. J'aimerais beaucoup avoir l'occasion d'échanger quelques paroles avec Yasmina Khadra un jour. J'espère que tu aimeras tous les romans que tu as rapporté! Je me suis fait bien plaisir avec la rentrée littéraire aussi (j'ai le Chantal Thomas, le nouveau Hélène Grémillon, le Lemaître, le dernier Tuil et d'autres dans ma pàl).
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N
Oui, j'ai hésite pour Yasmina Khadra, suite à ton avis. C'est vrai que j'ai fait des choix au feeling. J'ai hâte d'avoir ton avis sur chacun de tes romans, en tête Chantal Thomas et Gremillon, Karine Tuil aussi, car les avis ne sont pas unanimes sur cette auteure. Merci Summerday.
M
Bravo pour ce résumé très complet !!! Je ne fréquente quasiment aucun salon littéraire, je n'aime pas trop ça mais ça avait l'air d'être un très bel événement pour les amateurs du genre !
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N
Oui, j'ai lu un jour sur ton blog, que tu "fuyais" les rencontres d'auteurs, et je te comprenais parfaitement. Ce que j'aime sur les salons, c'est la liberté qui est laissé à l'auteur de s'exprimer sur son roman, la rencontre avec Chantal Thomas était plus qu'intéressante, si je la lis je pense que j'appréhenderais mieux la lecture de son roman; D'autres rencontres ont un côté plus formelle et médiatique, type grande librairie, et ça donne l'occasion de se mettre autre chose sous la dent que les émission TV et la presse écrite.

Ce week-end, j'espère pourvoir rencontrer David Vann sur Gradignan, juste pour le plaisir de l'écouter parler durant 1h, j'espère qu'il évoquera Impurs, parce qu'il reste des tas de zones d'ombres dans ce roman.
C
Non, non, ne fais pas plus court, c'est un régal à lire, j'adore, merci de partager ça avec nous en détails comme ça ! Dis à ta maman que l'épaisseur du Lemaître s'oublie en un clin d'oeil, promis-juré :)
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N
J'espère qu'elle appréciera ce roman, elle souhaite vraiment le lire. Merci pour ta visite.
K
Ouf, c'est copieux!
Je comprends mieux tes 10 h de route et suis d'accord, le roman de F Garde était idéal pour ce trajet.
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N
Ou indigeste, faut pas tout lire non plus.
Je me suis dit, je dis tout ou je dis rien. Allez, je ferais plus court pour les prochains avis. :) Oh la la ton billet sur Mutis, damned, des romans pareils en pleine rentrée littéraire.